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Une occasion manquée 16 mai 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Le protocole sanitaire qu’a pondu l’administration pour l’industrie du tourisme est extrêmement difficile à appliquer mais il est rationnel. Dans un restaurant, où les clients ne peuvent évidemment être équipés d’un masque, où le risque de contamination est maximal, l’espace de 4m2 par personne est un minimum. Probablement trop peu pour éviter la contagion, mais trop élevé pour permettre au restaurant de gagner sa vie.

La situation est totalement différente du protocole pondu pour l’éducation nationale, 60 pages de délire bureaucratique alors qu’on aurait simplement dû équiper enfants et enseignants de masques. Le masque suffit à éviter la contagion scolaire, on le constate jour après jour partout en Asie.

Deux professions, deux attitudes. La situation des industriels du tourisme est très précaire. Ils sont dans l’obligation absolue de travailler cet été. Ils savent que le protocole va les en empêcher et se battent tous azimuts pour qu’il soit allégé. Ils ont l’énergie du désespoir et ont de grandes chances d’obtenir satisfaction, ce qui serait un contre-sens sanitaire total mais ils luttent. Ils sont à la radio, à la télé, s’expriment de façon très émouvante. Leur énergie les rend sympathiques à tous.

Les enseignants n’ont pas de pression économique à reprendre leur activité et cela contribue, consciemment ou non, à les rendre trop prudents, plus craintifs qu’il n’y a lieu d’être. Les écoles n’ont pas encore rouvert – elles ne le feront que sur plusieurs mois, certaines uniquement en Septembre. Ils se sont appuyés sur la complexité du document pour retarder l’ouverture au lieu de le contester vigoureusement, comme le font les industriels du tourisme.

J’aurais aimé les voir se multiplier dans les média, demandant « simplement » des masques pour tous, profs et élèves et l’annulation des mesures débiles du protocole sanitaire – avec en contrepartie une reprise le 11 mai pour tous. L’école obligatoire, pas le « volontariat », qui est une honte.

C’était une occasion rêvée pour remettre en cause leur administration obèse, qui les opprime et, n’étant même pas capable de fournir des masques pour tous, les empêche de fonctionner à peu près correctement avec ce protocole hors sol. Pour réaffirmer le rôle de l’école, au service de l’instruction des enfants. Pour reprendre le pouvoir. Pour regagner la sympathie des français.

J’avoue être très pessimiste pour l’avenir de l’école. Elle est fragile. Si ceux qui y ont dédié leur vie ne la défendent pas, qui le fera ?

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Pourquoi les essais randomisés en double aveugle donnent des résultats biaisés. 7 mai 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Tout le monde attaque Raoult du fait de ses méthodes empiriques et observationnelles. Mais cette petite étude a analysé les 10 essais randomisés en double aveugle les plus cités au monde et conclut que leurs résultats sont significativement et systématiquement biaisés. Les erreurs méthodologiques abondent car la méthode est très complexe, parfois impossible à mettre en oeuvre. Les études ne sont pas non plus indépendantes des laboratoires, les personnels participant à l’étude étant souvent payés par les labos.

Le plus honteux est le « biais publicitaire » (à entendre au sens de « biais de publication ») des études (best result bias). Sans doute dans le but d’être publiées, les études ne font preuve que de peu d’esprit critique vis à vis des résultats qu’elles obtiennent, masquent les résultats négatifs, cachent sous le manteau les problèmes méthodologiques.

C’est toute la recherche médicale qui est touchée par ce biais publicitaire, qui est une forme de perversion ou même de négation de la démarche scientifique. J’ai lu des dizaines d’études depuis le début du confinement et malheureusement, je ne peux que confirmer ce point.

Autant dire que les reproches faits aux études de Raoult, qu’ils soient justifiés ou non, sont d’une mauvaise foi ou d’une naïveté absolues (c’est selon).

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Une journée ordinaire (6 mai 2020)

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Une déclaration ministérielle qui n’a pas très bien vieilli.

Méfiant depuis leur article délirant sur la pharmaco-cinétique de la chloroquine, je parcours à nouveau le site de Sciences et Avenir… Encore une perle avec cet article judicieusement nommé « Masques et gants, fausse bonne idée contre le coronavirus » qui contient en particulier cette remarque éclairée d’Olivier Véran (celui qui a interdit aux médecins de ville toute prescription de chloroquine / AZT pour soigner le Covid):

«  »Je suis surpris de voir par la fenêtre de mon ministère le nombre de personnes qui sont dans la rue avec des masques (…) alors que cela ne correspond pas à des recommandations »


« Discovery », le nom était mal choisi

Des nouvelles de nos champions du test scientifique-methodologique-tout-bien-comme-il-faut-c-est-promis-juré. « Discovery n’ira sans doute pas au bout » (Le Figaro) parce que le coronavirus sera fini avant qu’ils n’aient pu rassembler assez de patients. Ceux qui critiquaient les études de Marseille n’auront pas su, à grands frais, rassembler les moindres données. Eussent-ils produit des études, aucune conclusion n’aurait pu en être tirée car le traitement testé n’était pas celui de Raoult.

On les tient décidément, nos champions.


L’humour des chercheurs

L’humour dans un papier de recherche, c’est assez rare mais c’est pourtant le cas dans cette analyse critique de l’équipe de l’IHU de Marseille concernant une étude chinoise montrant un net effet positif de l’hydroxychloroquine que j’avais critiquée ici.

La table ci-dessous suggère en gros que si vous faîtes tout bien, au top du top de la méthodologie dite scientifique, vous tuez des milliers de gens. Et que 15 à 20 000 personnes sont mortes en France pour, Mesdames et Messieurs, j’ai nommé : La Preuve Scientifique.

Auparavant, on donnait parfois son corps à la science, aujourd’hui on peut le donner à La Preuve. C’est sans doute un énorme progrès.

Table 1

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Le déconfinement n’aura pas lieu 3 mai 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Le « protocole sanitaire » pondu par l’Education nationale pour la reprise des écoles (60 pages !) est le symptôme de la résistance de l’administration à Macron. Cette résistance était sensible dans les déclarations des ministres (Veran, Blanquer) dès le lendemain matin sur les radios. On nous a successivement introduit la notion de déconfinement “progressif” (alors qu’il aurait fallu parler “d’exceptions au cas par cas”), puis de “volontariat des parents” (notion anti-républicaine par excellence, l’école est obligatoire), puis on a entretenu un grand flou sur les dates de reprise – flou qui perdure à ce jour.

Un tel document, évidemment inapplicable car conçu, consciemment ou non, à cette fin, équivaut à un non franc et massif, presqu’à un coup d’état administratif. Les responsabilités et les problèmes sont fourgués aux enseignants, eux mêmes déjà excessivement inquiets et n’ayant pas forcément envie de déconfiner. Il faut pourtant y aller, la situation ne peut plus durer mais j’avoue que la perspective de rouvrir pour simplement permettre aux parents de travailler n’est pas très motivante : l’école est là pour transmettre le savoir, pas pour servir de garderie, même si on la réduit de plus en plus à ce rôle.

Les écoles ont parfois envoyé des messages de rentrée délirants, très pathogènes au parents (voir ci-dessous) que j’analyse encore comme une résistance, le but étant de ne pas reprendre les cours en inquiétant les parents. On ne compte plus sur les réseaux sociaux les messages de peur panique provenant de parents, et encore plus d’enseignants – alors que tout repose sur eux.



L’Etat n’est toujours pas capable de fournir gels et masques alors qu’il y en a dans les supermarchés. Ubu est français: là où on n’en a pas assez, le protocole sanitaire pourrait demander aux parents d’acheter gel et masques car aujourd’hui les écoles ne le feront pas d’elles-mêmes par crainte d’introduire une « rupture d’égalité » – cette rupture d’égalité est aujourd’hui à l’école ce que la rupture de l’espace spatio-temporel est au Doc dans « Retour vers le futur ». Ainsi, des classes qui auraient pu ouvrir à un ou deux élèves près n’ouvriront pas. L’administration de l’EN qui est normalement là pour aider les profs ne fait que les perturber et les noie sous la paperasse peu utile. Aux problèmes normaux de gestion du virus, elle rajoute des problèmes d’organisation, d’approvisionnement et des complexités diverses qui paralysent les profs. Au lieu de leur apporter une aide concrète et pratique, elle leur rend la tâche impossible. Au lieu de reconnaître le risque sanitaire tout en cherchant à le minimiser, elle cherche à éviter tout risque, tâche impossible qui constitue en fait un renoncement et affaiblit le courage des enseignants.

« Le malheur est un bouillon de culture pour faux problèmes. Il suscite des obsessions » Simone Weil

Personne n’a dit officiellement aux enseignants que les enfants ne sont pas visés par la maladie, que faire cours ne les tuera pas. Les enfants sont au pire des vecteurs du virus – et encore ce point n’est-il pas tout à fait certain. 97% des décès sont des personnes à risques ou âgées. En Asie, avec les moyens dont nous disposons enfin, la situation est sous contrôle. Un rebond de type deuxième vague est loin d’être certain en France et s’il a lieu, on pourrait évidemment fermer à nouveau les écoles. Bref, l’intérêt bien compris des enfants est de redémarrer et la mission de l’école, la noblesse du métier de professeur, est d’enseigner.

Cerise sur le gâteau : dans ce document de 60 pages, qui décrit comment laver les salles de classe en permanence avec un luxe délirant de moyens, les masques, mesure clé, ne sont même pas rendus obligatoires (probablement le signe que l’Etat n’est pas certain de les avoir, encore une incapacité flagrante de l’administration, même si c’est celle d’un autre ministère). Et la prise de température à l’école (via un thermomètre infra-rouge à distance) a été jugée inutile ou trop intrusive ! En Asie, on contrôle les écoles en imposant aux élèves les masques, ils sont indispensables dans la lutte contre le virus. Et la prise de température est considérée comme nécessaire (de fait, elle permet à un enfant malade symptomatique de ne pas contaminer ses voisins). Au final, l’administration a réussi l’exploit de concevoir un protocole à la fois délirant, pathogène, mais aussi peu efficace.

Un bon document aurait pu tenir en 5 pages. Il fallait s’appuyer sur les établissements et sur les enseignants mais l’administration en a perdu l’habitude. Leur dire quelque chose comme « Faîtes au mieux, enseignez et vous serez couverts. En cas de difficulté, appelez xxx, on traitera au cas par cas. Pour les masques, nous faisons le maximum pour en avoir, sinon demandez aux parents de s’en procurer et d’être solidaires entre eux. Si vous vous en procurez (il y en a dans les supermarchés), nous vous les rembourserons. »

Pour une simple raison de bon sens politique, il fallait s’appuyer sur les établissements et non sur les mairies. Les maires des grandes villes, tous dans l’opposition, n’auront de cesse de retarder l’ouverture des écoles, de pointer les incohérences du protocole, pour montrer l’incurie du gouvernement.

De l’empathie, du dynamisme, du bon sens et l’école est sauvée !

En lieu et place, après les retard sur le gel, sur les masques, sur les tests, sur l’application StopCovid, c’est le déconfinement qui n’aura pas lieu le 11 mai.

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Une étude favorable au traitement par l’hydroxychloroquine 2 mai 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Une étude favorable au traitement par l’hydroxychloroquine, hors traitement Raoult…

Ca va devenir compliqué. Cette étude chinoise portant sur 568 patients très malades a mis en évidence un effet positif de l’hydroxychloroquine (HCQ) qui a fait passer le taux de décès des patients de 46% à 19%.

L’HCQ a permis de contrôler la « tempête de cytockine » (IL-6). Cette molécule semble être responsable des problèmes respiratoires et tue dans la dernière phase de la maladie.

3 points à mentionner:

1. Ce n’est pas le traitement Raoult, qui consiste à donner l’hydroxychloroquine tôt, couplée à l’azithromycine, pour éviter de basculer justement dans cette phase sévère.

2. Etude qui semble en contradiction avec les autres études que j’ai pu lire qui indiquaient au contraire que le traitement HCQ en phase sévère était inopérant ou même contre-productif

3. Mais les malades ont reçu, en parallèle avec l’HCQ, tout un cocktail de médicaments qui ont pu « aider » l’HCQ à avoir un effet positif en bithérapie ou en multi-thérapie (ces médicaments étaient répartis à peu près équitablement entre les 2 groupes, mais il ne paraît pas anodin que 77% des patients de test aient été traités aussi avec un antibiotique, pour une survie de 18%, proche de 23%. L’étude n’évoque pas ce point, il me semble qu’il devrait être creusé avec des techniques statistiques, permettant de mettre en évidence – ou non – des corrélations).

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Chez Sciences et Avenir, la science est délire 26 avril 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Cet article de Sciences et Avenir « démontre », grâce à un raisonnement pharmacocinétique (sic !) qui atteint des sommets mathématiques, que l’hydroxycholoroquine (HCQ) ne peut fonctionner in vivo car il est impossible d’atteindre dans le corps humain les concentrations efficaces in vitro (0.335 microg / ml). Pour ces brillants mathématiciens, preuves à l’appui, il faudrait 13 g / jour d’HCQ (dose plusieurs fois mortelle, le traitement de Raoult ne prescrit « que » 600 mg / jour).

Et voici donc Madame, pourquoi votre hydroxychloroquine ne saurait fonctionner.

Petit problème: la concentration moyenne en HCQ mesurée dans l’étude 2 de Raoult (table 1) est de 0.26 microgramme / ml (avec encore une fois non pas 13 g, mais 600 mg de HCQ). Ceci suggère une concentration comparable aux études in vitro et donc bien au contraire une certaine efficacité de HCQ en environnement in vivo.

Qui plus est, on constate que, pour les malades pour lesquels le traitement n’a pas fonctionné cliniquement, cette concentration est tombée à 0.20 microg/ml (soit une baisse de 30%) et ceci suggère encore que, comme le traitement n’opère pas si la concentration en HCQ baisse, la HCQ joue bien un rôle dans l’amélioration clinique du malade.

Le problème avec toutes ces critiques dites « scientifiques », c’est que ceux qui les font n’ont le plus souvent absolument aucune expérience clinique. Le clinicien expérimenté connaît, depuis longtemps, par l’expérience, la concentration moléculaire qu’il obtient dans le corps humain. Il n’a pas besoin de faire un calcul, absurde qui plus est.

Et ici, il n’y a non seulement aucune expérience clinique mais aucune réflexion tout court: il est évident que les expériences in vitro n’ont été suivies de test in vivo que parce qu’on savait que la concentration en HCQ in vitro pouvait être obtenue sans trop de risque in vivo (au moins pour ce qui est des ordres de grandeur). C’était une condition nécessaire. Sinon, on peut aussi faire avaler de l’eau de javel aux patients, après tout ça marche in vitro. Si on ne le fait pas, il y a une bonne raison…

Encore une fois, la « Science », mais au petit pied.

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L’observation empirique indirecte en sciences, le protocole, Einstein et Raoult 22 avril 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Un des plus beaux papiers d’Einstein concerne l’étude des causes du mouvement brownien. En 1905, on supposait l’existence des atomes. On ne pouvait évidemment pas les voir, il n’y avait aucune expérience décisive pour les mettre en évidence. Deux camps s’opposaient : les conservateurs avec des physiciens tels qu’Ostwald ou Mach. Les atomistes convaincus (JJ Thomson, Rutherford) – et Marie Curie qui, allant en quelque sorte au-delà de la chimie, avait commencé à observer la radioactivité : des particules qui n’étaient déjà plus des atomes.

Qu’est-ce que le mouvement brownien ? Brown avait observé que des poussières, placées dans un liquide s’agitent spontanément. Ces poussières ne sont visibles qu’au microscope, mais sont infiniment plus grosses que les atomes eux-mêmes.

Einstein a supposé que l’eau était constituée de molécules, que celles-ci-ci bougeaient selon une loi conjecturale à l’époque, la loi de Boltzmann (autre atomiste convaincu). Et il a montré que si c’était le cas, les poussières visibles bougeraient exactement de la façon observée. En fait, son calcul permettait de calculer le nombre d’Avogadro (#atomes / mole) d’après la façon dont les poussières zigzagaient (changeaient de direction). Et il a abouti à une estimation correcte de ce nombre. La simple correspondance exacte, au sens statistique, entre les zigzags observés des poussières et les calculs d’Einstein a suffi.

Après le papier d’Einstein, la communauté scientifique a conclu: il n’y a plus eu de débat sérieux sur la réalité des atomes. Sans autre observation directe. Parce qu’on ne pouvait pas imaginer qu’on arrive à un tel résultat par hasard. Et la physique est pourtant une science très dure, presque mathématique. Bien plus dure que la médecine au sens où les explications et les confirmations expérimentales y sont généralement plus fortes et plus précises quantitativement.

« Du fait de la compréhension de l’essence du mouvement brownien, soudainement, tous les doutes se sont évanouis concernant la validité de l’interprétation (atomiste) de Boltzmann des lois thermodynamiques », Einstein, 1917

(A noter que Boltzmann n’a pas dû cependant être tout à fait au courant. Un des plus grands génies du XIXème siècle se suicide en 1906, avant que son travail ne soit reconnu.)

Einstein avait 26 ans. C’était un inconnu qui publiait tout juste son 2ème papier. Sa « preuve » avait un côté circulaire, ne reposait que sur un calcul théorique, lui-même bourré d’hypothèses nouvelles, très ingénieuses, mais non expérimentalement prouvées: il s’appuyait en particulier sur les équations de Boltzmann, elles-mêmes supposant l’existence des molécules, pour prouver l’existence des molécules… Le raisonnement était en gros : « Cette façon de considérer les choses donne très bien les caractéristiques du mouvement brownien. Les autres tentatives d’explication échouent et nous n’arrivons pas à en envisager de nouvelles. Donc les atomes existent. Et voici leur masse. »

Pour donner à des non physiciens quelques explications simples, on pourrait imaginer que les poussières, que je compare à des grosses boules de bowling recevant en permanence des chocs de milliards de tête d’épingles arrivant de toutes parts (les molécules) ne devraient pas bouger, ces chocs s’annulant les uns les autres. Mais en fait, non, les poussières bougent pour la même raison qu’au casino, à la fin de la soirée, il y a parmi tous les joueurs des perdants et des gagnants à la roulette (comme c’est un jeu à somme quasi-nulle, on peut prédire qu’en moyenne, chaque joueur a perdu un peu à chaque fois qu’il a joué; l’équivalent de 1/37ème de ses enjeux, mais certains sortent cependant avec un gain important ou une perte importante: ils sont l’équivalent statistique des poussières qui bougent). Ce qu’imagine Einstein, c’est un peu comme si on pesait les joueurs à la sortie d’un casino. Leur poids change en fonction du nombre de jetons qu’ils ont gagnés – ou perdus – à la roulette. A la fin de la soirée, Einstein vous confirme que les joueurs ont bien joué au casino (ce dont vous n’étiez pas certain, peut-être même pensiez-vous que les casinos n’existaient pas) et vous donne le nombre de roulettes dans le casino ainsi que la valeur des jetons !

Je me demande quel accueil la « communauté scientifique » d’aujourd’hui, tellement à cheval sur la perfection méthodologique et le Protocole, lui ferait… « Preuve circulaire, non confirmée par l’expérience, erreur de calculs grossière (car oui, il y avait en plus une grosse erreur de calcul !). »

A l’époque d’Einstein, il devait y avoir moins de 50 personnes au monde, peut-être 10 génies, capables de comprendre réellement son papier. Et ils l’ont compris au bon niveau, sans faire attention à ce qui n’allait pas. D’autres papiers d’Einstein ont été plus contestés mais avec des arguments très pertinents. Aujourd’hui, des milliers d’étudiants de maîtrise peuvent reproduire les calculs, mais la valeur réelle du papier n’est pas uniquement dans les calculs. Très peu d’étudiants sont à même de saisir le subtil mélange de raisonnement, d’intuition, de conviction, de découverte, de preuve, d’erreur de modélisation assumée (car ne jouant pas sur le résultat) qui ne repose sur rien d’autre que ce qu’on doit se résoudre à appeler finalement « le sens physique » d’Einstein et des physiciens de l’époque. Presque tout le monde croit que le papier d’Einstein est une preuve, ce qu’il n’était pas. Par exemple, ce n’est que 10 ans plus tard qu’on a pu valider quantitativement la valeur du nombre d’Avogadro donnée par Einstein.

Et paradoxalement, alors que beaucoup plus de gens sont capables aujourd’hui de comprendre le contenu mathématique de son papier, il est probable que beaucoup d’entre eux, s’ils le découvraient sans tout le respect dû à Einstein, le descendraient en flammes tellement tellement il y a de « raccourcis » dans le raisonnement, tellement il ne constitue pas, en tant que tel, une preuve – sauf si on est un grand physicien. Qui plus est, le papier est très court – volonté d’élégance; les choix conjecturaux faits sont souvent implicites ou à peine mentionnés. S’il y avait eu à l’époque des méthodologistes de la preuve, des fanatiques du Protocole, analogues à ceux qui analysent par exemple les papiers de Raoult, ils auraient pourri la vie d’Einstein, c’est certain. En fait, les « reviewers », de nos jours, devraient eux aussi être soumis au double aveugle ! La démocratisation de la science est une belle chose, mais elle peut s’opposer à la science.

L’esprit humain est toujours à même d’inventer de belles preuves, directes ou indirectes, protocolaires ou en dehors de tout protocole ou méthode préexistante.

L’étude brésilienne sur le traitement hydroxychloroquine / AZT, que j’ai commentée ici, est le type même, en évidemment bien plus simple et moins génial qu’Einstein, de ce genre d’observation indirecte. Dans cette étude, pas besoin que tous les patients diagnostiqués soient atteints. Même si seulement 50% le sont, l’étude est concluante. C’est indirect et probant.

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Hydroxychloroquine : les américains aussi étudient n’importe quoi 21 avril 2020

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Une étude américaine qui conclut à l’inutilité de l’hydroxychloroquine, mais qui a eu tout faux (traitement donné à un mauvais moment, qui a sans doute tué certains malades). Je commente rapidement, il n’y a aucun enseignement, dans un sens ou dans l’autre, à tirer de cette étude.

a) le taux de mortalité indique que les patients étaient atteints de façon sévère et à un stade avancé de la maladie. On sait que le couple HC / AZT ne fonctionne probablement plus à ce stade (au contraire, son effet est probablement négatif). En tout état de cause personne, même pas Raoult, ne conseille son usage à un stade trop avancé.

b) Surtout, ils ont pris 19 patients du groupe « sans HC » et les ont reversé au moment de la ventilation dans les groupes « HC » (Table 1) ! Patients dont ils ont aggravé l’état et qu’ils ont compté au négatif des groupes « HC ». Cela correspond à un transfert de 12% des patients en cours d’étude et est susceptible d’inverser totalement les conclusions. N’importe quoi.

c) Beaucoup de patients avaient des pbs cardiaques et il semble qu’ils n’aient fait aucun suivi ECG. On ne connaît pas les doses de HC données mais ils ont sans doute tué ces patients sans sourciller… Incroyable.

d) « hydroxychloroquine [..] was more likely to be prescribed to patients with more severe disease, as assessed by baseline ventilatory status and metabolic and hematologic parameters ». Bref, les + malades, à un stade trop avancé, ont suivi le traitement. CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE !

e) Soi disant ils ont « compensé » les déséquilibres entre groupes avec une formule mathématique destinée à corriger leurs statistiques. C’est beau, mais une telle formule n’existe pas. On ne sait pas à ce jour estimer la probabilité de décès en fonction de l’état d’entrée du malade. Enfumage total.

f) Tout ceci est très similaire à l’essai de Paris, dont les auteurs en devraient pas être fiers. Voir « Une étude criminelle sur le coronavirus à Paris »

g) on touche toute la limite éthique de tels essais où les malades ne sont plus que des objets au service de médecins « Dieu » – sans même aucun bénéfice pour la science en l’espèce car une telle étude ne sauvera jamais aucun malade. Vérifier que HC donné à des maldes cardiaques sans contrôle tue, que donnée trop tardivement elle n’aide pas à la guérison, tout le monde peut le faire, ça n’a aucun intérêt. Voir « “Je ne suis pas Dr House, mais…” ».

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Ci-gît le progressisme [1633-2020] 18 avril 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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[Je publie ce billet alors qu’il n’est pas totalement finalisé – il m’a certainement entraîné un peu plus loin que prévu et doit être partiellement raccourci et réécrit. Je le publie cependant parce qu’au-delà de ses lacunes formelles et de style, les idées qu’il contient me semblent importantes et je n’ai pas l’occasion de les lire ailleurs. On voit les prépublications scientifiques fleurir en ce moment, pourquoi n’aurais-je alors pas le droit de pré-publier un simple billet de blog ?]

Depuis Galilée, la science s’oppose à la religion

Pour comprendre le monde d’aujourd’hui, on peut tenter d’imaginer ce qui serait advenu si Galilée avait eu tort. Il faut se souvenir que Galilée n’apportait nullement la preuve de ses affirmations et que ses idées étaient beaucoup plus contestées – et scientifiquement contestables, dans le contexte de l’époque – que ne l’est aujourd’hui, par exemple, la thèse du réchauffement climatique. Sur certains aspects, Galilée se “plantait” même royalement et ses “Dialogues sur les deux systèmes du monde” fourmillent de graves erreurs, sans parler de leur partialité qui lui a valu sa condamnation. Si Galilée, donc, avait eu scientifiquement tort, sa condamnation serait apparue comme justifiée et la science, ainsi que probablement les sciences humaines, se seraient durablement rangées du côté des religions.

En condamnant Galilée, L’Eglise a perdu une chance unique, celle de mettre la raison de son côté. L’Eglise est sortie de la science. Depuis 1633, la grande majorité des intellectuels, des scientifiques, des esprits éclairés européens ont été de façon somme toute naturelle en opposition avec la religion, celle-ci étant incarnée par l’Eglise Romaine.

Qu’est-ce que le progressisme ?

Les progressistes sont les héritiers de cette tradition anticléricale. Kundera rappelle que les communistes tchèques rassemblaient au départ la meilleure partie de la population du pays, la plus dynamique, la plus éclairée, la plus avancée. Opposition à l’Eglise, volonté de progrès, avance intellectuelle face à des esprits conservateurs la plupart du temps peu éclairés, tout ceci a été depuis quatre siècles, depuis Galilée, intimement lié.

Aujourd’hui, les progressistes se vivent comme les héritiers des Lumières, les représentants sur terre de la raison humaine. Ils ont « compris » que l’Eglise est l’opium du peuple et ils ont « déconstruit » les privilèges sociaux. Grâce aux progrès de la technique, le savoir n’a jamais été aussi accessible. Grâce aux progrès de la médecine, l’espérance de vie n’a jamais été aussi élevée. La supériorité de la raison sur la nature n’a jamais été aussi criante et tous ces progrès sont perçus à la fois comme des preuves et des confirmations du bien-fondé du progressisme. Si ce n’est pas l’âge d’or, ça y ressemble. De toutes les façons, ce sera certainement l’âge d’or demain puisque science, technologie, économie et réformes de société nous emmènent vers un monde meilleur.

Bien sûr, il y a quelques résistances, mais elles sont passagères, une simple transition dans l’histoire. Grosso modo deux groupes résistent : les conservateurs / réactionnaires, en haut de l’échelle de la société, protègent leurs privilèges. Et pour les plus pauvres, en bas de l’échelle, qui n’ont pas bien compris les concepts pourtant tout à fait rationnels sur lesquels le progressisme repose, il faut bien parler d’aliénation inconsciente. L’Education n‘a pas encore totalement fait son œuvre, ça viendra.


« Qui oserait dire que ce qui est nouveau ne soit pas beau » ?

Un glissement fondamental s’est opéré à l’ère moderne, glissement qui remonte au moins au marxisme. Progressivement, si j’ose dire, le progressisme, qui était un espoir dans le progrès, espoir qui se vivait encore, au temps de Jaurès par exemple, comme une lutte en devenir contre les puissances établies, est devenu une foi dans le progrès et même une foi dans le changement.

Les progressistes sont devenus ceux qui, selon le mot d’Apollinaire, pensent que tout ce qui est nouveau est beau. Le progressisme exclut de facto les gens comme moi qui ont simplement espoir dans un progrès souhaitable et non foi dans le progrès. Vouloir choisir à la carte, parmi tous les changements qu’on propose, ceux qui sont bons et ceux qui sont nuisibles, c’est être condamné à se voir rapidement classé parmi les conservateurs, voire les réactionnaires.

Le courant d’extrême-gauche, même s’il est minoritaire parmi les progressistes, a toujours rejeté ainsi ses contradicteurs, depuis la révolution d’Octobre.

“Moi aussi, j’ai dansé dans la ronde. C’était en 1948, les communistes venaient de triompher… nous avions toujours quelque chose à célébrer, les injustices étaient réparées, les usines nationalisées, des milliers de gens allaient en prison, les soins médicaux étaient gratuits… Nous avions sur le visage quelque chose du bonheur… Puis un jour, j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas dire, j’ai été exclu du parti et moi aussi, je suis sorti de la ronde.” Kundera, Le Livre du Rire et de l’Oubli.

Le courant progressiste social-libéral-capitaliste dirige le monde (il correspond en quelque sorte France au macronisme), Ils sont pour l’Europe, symbole de paix et de progrès. Pour le libre-échange, symbole d’ouverture. Pour l’immigration, symbole d’égalité. Pour le droit des minorités, symbole de tolérance. Etc. Tout ceci n’est en rien honteux. Mais ils oublient « qu’en même temps », l’Europe impose aux peuples des lois qu’ils n’ont jamais votées. Que la mondialisation met en concurrence les travailleurs des pays riches avec ceux des pays pauvres. Que l’immigration leur permet en outre de bénéficier d’une main d’œuvre à bon marché au détriment souvent des classes les plus pauvres. Qu’à chaque minorité correspond un nouveau marché, que les nouvelles technologies issues de la révolution numérique permettent de cibler de mieux en mieux et dont leur position au sein du monde capitaliste leur permet de profiter. Bref, la position progressiste est fondamentalement pharisienne, les progressistes ont les idées qui conviennent à leurs intérêts, qui les empêchent de réfléchir au fond des choses. Et tout en croyant être dans la raison, dans l’opposition à toute religion, ils ont en fait développé les caractéristiques d’une église. Ils ont intégré, sans le savoir, tout en s’y opposant, de nombreux dogmes catholiques. En voici quelques exemples.

La foi dans le progrès. La foi dans le progrès (qui a remplacé l’espoir dans le progrès) est d’origine évangélique. Bien que s’opposant au christianisme, les progressistes ont récupéré cette notion de bonne nouvelle se répandant sur la terre. Elle apparaissait dans le marxisme dit scientifique et le « sens de l’histoire » n’était pas autre chose, déjà, qu’un détournement religieux. Mais aujourd’hui, la foi irraisonnée dans le progrès (scientifique, social) dépasse en bêtise tout ce que le marxisme avait pu imaginer et pourtant cette foi est universellement répandue parmi les progressistes. Les exemples abondent et ce billet étant déjà trop long, je vais donc me limiter à la position progressiste face à la révolution numérique. Il y a bien révolution numérique, et cette révolution, comme la révolution industrielle l’a été est à la fois un espoir et un risque pour l’humanité. Il devient de plus en plus évident que pour la plus grande partie de la population, le numérique est une entreprise d’abêtissement et un asservissement. Cependant, un tel point de vue vous fait passer auprès des progressistes pour « pessimiste » ou, pire encore, « opposé au progrès ». Ce point de vue a pénétré l’école au détriment de l’enseignement des enfants et on a vu, tout récemment, une Inspectrice générale de l’Education Nationale prôner la fin de certains enseignements au prétexte que « tout le savoir est déjà dans Google ».

L’humanisme. Les progressistes se veulent humanistes. Mais l’humanisme, consistant à mettre l’Homme au dessus et au centre de tout, à le différencier du reste de la création, est en soi une position religieuse de nature anti-copernicienne, héritée des grecs, et de l’ancien et du nouveau testament.

L’attention portée aux faibles, le culte des victimes. René Girard a montré que ce qui distingue Ancien et Nouveau Testament des autres religions et des mythes, c’est la réhabilitation des victimes. La Bible effectue une révolution copernicienne en prenant le point de vue des faibles (dès le meurtre d’Abel) et en les défendant. Le Nouveau Testament institue littéralement le culte de la Victime. Aujourd’hui, le point de vue « victimaire », souvent perverti, est devenu une des marques distinctives du progressisme.

Le détournement des sciences humaines. La fin de la vérité.
Le progressisme se voulant basé sur la raison, il lui est important d’avoir des confirmations de type scientifique de ses thèses, auquel il peut alors donner le nom de savoir (objectif) et non plus de simple opinion (subjective). Les sciences humaines ont été pénétrées en premier et avec un grand succès – une très large part de ce champ d’études est aujourd’hui plus spéculation boursouflée et idéologie que science. Une fois qu’un secteur universitaire est contaminé, il est très difficile à désinfecter car le mécanisme du « peer review » (sélection par les pairs) a pour conséquence que les mandarins en place vont sélectionner les papiers de recherche, les postes selon les croyances idéologiques plus que sur la qualité scientifique ou intellectuelle des papiers ou des personnes. De fait, les sciences humaines sont largement devenues, selon le mot de Bourdieu, un « sport de combat », une entreprise politique. Mais aux yeux d’une grande partie du public, elles bénéficient du prestige de la science, sont enseignées à l’école en tant que telles. Pour beaucoup d’élèves (et malheureusement de professeurs), Bourdieu dont les constructions sont essentiellement spéculatives (quand elles ne sont pas irréfutables au sens de Popper) vaut Newton. Les interprétations découlant de la « French theory » mise à toutes les sauces, la déconstruction sont des notions admises comme telles, non critiquées et qui donnent à qui les a apprises une fausse impression de « théorie terminale » ou de « théorie du tout », partant, de supériorité intellectuelle. Il en résulte un affaiblissement général de l’esprit critique et de la raison et une grande intolérance. Le dogme sociologique a remplacé la Bible et renvoie à des temps bien plus primitifs puisque pour les adeptes de l’indigénisme ou de la théorie du genre, il y a plusieurs vérités ressenties, ce qui s’oppose de fait au concept scientifique de vérité unique, cette vérité étant elle-même l’objet de toute recherche scientique. En un sens, le courant progressiste renvoie donc aujourd’hui à des temps primitifs, antérieurs au monothéisme, qui n’admet qu’une vérité. Nous verrons qu’il se rend aussi coupable d’idolâtrie.

Le terreau de l’école. Depuis 40 ans l’école, accusée d’être un simple outil visant à légitimer de façon inconsciente la reproduction sociale (cas emblématique d’une affirmation de Bourdieu spéculative et irréfutable), a troqué sa fonction d’émancipation, de transmission du savoir contre la fameuse « lutte contre des inégalités » partiellement irréductibles. L’enseignement de masse n’a pu se faire qu’au prix d’un effondrement du niveau général. Pétrifiée par le chômage, l’école a de plus en plus pour but principal de donner aux élèves des compétences professionnelles, rapidement mobilisables au profit entreprises, et non plus des savoirs profitant aux citoyens. Le niveau des enseignants, paupérisés, est lui aussi en baisse et statistiquement, plus un enseignant est jeune, moins il est éduqué. Dans un tel contexte, les croyances prospèrent. Il est significatif que ce soient les plus jeunes qui condamnent en priorité l’énergie nucléaire alors qu’ « en même temps », ce sont ceux qui craignent le plus le réchauffement climatique – l’enseignement de l’écologie à l’école, depuis 20 ans, tient de fait du catéchisme scolaire.

En synthèse, les progressistes, qui se voient comme des opposants éclairés à toute religion, sont eux-mêmes dans la croyance sans le savoir. Ils refoulent le côté religieux qui vit caché au plus profond d’eux, et une grande confusion, parfois une grande violence, en résultent. Le croyant a tout à fait le droit de l’être, peu importe qu’il croie en la Bible ou en Bourdieu. Mais le croyant devient dangereux à partir du moment où il a la certitude d’être dans la vraie foi (l’Inquisition) ou, ce qui est au fond la même chose, dans la raison alors qu’il ne l’est pas. Les progressistes sont plus que coupés de leurs racines, qui sont clairement d’inspiration chrétienne ; ils les refoulent explicitement. Il suffit de voir leurs réactions hystériques quand ils entendent la phrase maudite, à leurs yeux une sorte de provocation : « les racines chrétiennes de l’Europe ». C’est bien parce qu’elle parle d’eux que cette affirmation ne doit jamais être évoquée.

De quoi le conflit sur la chloroquine est-il le nom ?

Un clinicien un peu baroque, mais pas braque du tout, constate empiriquement que 6 fois sur 6, un traitement fait chuter en 5 jours la charge virale des patients atteint du coronavirus. Il conjecture que cet effet va réduire la durée de contagion et empêcher les patients de basculer vers les formes graves de la maladie. Il connaît à la perfection les molécules du traitement, qui sont de fait sans risque. Il en informe donc la communauté scientifique et enchaîne. L’observation empirique suivie d’une déduction est la base même de la science expérimentale.

Même si ce médecin est renommé, il n’est pas en odeur de sainteté. Il s’oppose à un grand nombre de croyances progressistes ou pire encore, les tient pour non prouvées (réchauffement climatique, modèles épidémiologiques). Il est déjà en dehors de « la ronde » qu’évoque Kundera.

L’idolâtrie du protocole. Selon la « communauté scientifique », son observation empirique viole le protocole. Mais à quoi sert le protocole médical ? C’est un outil censé fixer les meilleures règles possibles pour permettre à chaque médecin de sauver des vies et non pas une fin. La vraie fin de la médecine, c’est le soin envers les malades, c’est sauver des vies. Les principes éthiques régissant la pratique du médecin, immortels, éternels, les seuls qui tiennent, sont inscrits dans le serment d’Hippocrate. Pas dans le protocole.

Au nom du « protocole », le traitement proposé par Raoult est donc qualifié par ses opposants de « non éthique ». Et ce terme même constitue un élément de langage médical qui traduit l’idolâtrie, puisque ce qui n’est pas éthique, en dernière analyse, c’est de nuire au malade, non pas de sortir du protocole. Mettre le protocole, l’outil, au dessus de la vie des malades, la fin, est une forme d’idolâtrie.

Qu’est-ce que l’idolâtrie ? C’est la confusion de la statue avec Dieu. Plus généralement, l’idolâtrie, c’est confondre l’objet et le principe. Harpagon idolâtre l’argent, c’est-à-dire qu’il le confond avec la raison de vivre. Il y a idolâtrie chaque fois qu’on confond la fin et le moyen, le moyen acquérant une telle importance qu’il finit par s’opposer à la fin, aussi élevée soit elle. En bons pharisiens, les progressistes scientifiques s’intéressent à la lettre du traitement plutôt qu’à sa fin, qui est de sauver des vies. Cette cabale contre un traitement pourtant raisonnable (des signes d’efficacité crédibles, pas de risque) rassemble donc 4 éléments :

  1. le retour à des temps religieux pré-monothéistes idolâtres (car l’homme étant un animal religieux, l’abandon des religions « avancées » ne peut que le renvoyer au primitif),
  2. l’ignorance et l’incompétence grandissantes de la communauté scientifique (le lien avec la baisse de niveau scolaire doit être fait),
  3. l’incapacité à agir et les défaillances de l’Etat dans son organisation (les hauts-fonctionnaires constituant la crème de notre système scolaire, le lien avec la baisse de niveau scolaire doit aussi être fait, même si évidemment l’école n’est pas la cause unique de cet affaiblissement) et
  4. la constitution de cette communauté en église inquisitoriale et intolérante (rappelons qu’en France, le traitement a été interdit, alors que jusqu’en janvier la chloroquine était utilisée sans faire appel à ordonnance !).

La raison craque de partout. Les tensions entre croyance progressiste et raison sont devenues permanentes. Sans même en chercher des manifestations politiques au sens partisan du terme, les décisions du gouvernement autour de la gestion de l’épidémie tiennent du plus haut comique – ou tragique, c’est selon.

  • Les frontières du pays n’ont pas été fermées car soi-disant, cela serait manquer d’esprit européen. Ainsi on perd quelques précieux jours dans la gestion de l’épidémie. L’isolation des malades est la clé de la gestion de toute épidémie, depuis l’antiquité.
  • Le refus d’imposer une application sur portable permettant de suivre les personnes infectées et d’endiguer l’épidémie pour des raisons tenant à « l’éthique juridique ». Mais le droit n’est qu’un outil au service de la société, pas une fin en soi. Cependant, pour Laurent Fabius, Président du Conseil Constitutionnel, « Il n’y a jamais de temps pour l’éclipse des principes fondamentaux du droit ». Autre cas flagrant d’idolâtrie. (pour une discussion plus poussée, voir un de mes billets précédents).
  • Pour le déconfinement, Macron ne veut pas de «discrimination» des personnes âgées. Il estime que « L’état d’urgence sanitaire ne justifie pas une telle disproportion dans l’atteinte aux droits ». Autant dire qu’on préfère laisser mourir les vieux plutôt que de les protéger.Cela a autant de sens que de mettre fin à la ceinture de sécurité obligatoire car elle est discriminante pour les automobilistes par comparaison aux gens assis devant leur télé.
  • On refuse donc au nom du Droit idolâtré, d’imposer des mesures jugées « autoritaires » (confinement obligatoire des vieux) ou « liberticides » (application sur portable) mais simultanément, on interdit de façon autoritaire un traitement encourageant qui n’a aucune chance sérieuse de nuire, ceci au détriment du droit du médecin à soigner et du patient à choisir son traitement (décret du 29 mars 2020).

La pression du populisme

Du fait de leurs échecs et contradictions, les progressistes sont partout sous la pression des populistes, ce qui amplifie leurs erreurs et contradictions. Souvent, ils agissent en simple réaction aux positions populistes (ainsi, si l’Europe était moins remise en question, il aurait sans doute été plus facile au gouvernement de comprendre que les frontières devaient être fermées. Si Trump n’avait pas très tôt promu le traitement du Pr Raoult, il aurait été plus facile de le suivre en France). En outre comme toute église, ils jettent l’anathème. Ils accusent de populisme tous ceux qui sont « sortis de la ronde ». Ainsi, si le populisme est devenu si populaire, c’est en grande partie de leur faute.

L’objectif de ce billet n’est pas de faire l’analyse du populisme, mais si on définit le populisme comme l’opposition au progressisme, on peut y distinguer aussi deux grands courants de « pensée » : un courant religieux-superstitieux, d’une bêtise crasse et un courant rationaliste, qui a tout simplement constaté les dangers du progressisme, qu’il faudra bien différencier du populisme démagogique et sur lequel il faudra, à mon avis, fonder l’avenir.

Que demandait l’Eglise à Galilée ? Des preuves formelles, que Galilée ne pouvait apporter à l’époque. Que demande l’inquisition scientifique à Raoult ? Des preuves formelles. Et comme les preuves que les pharisiens demandent à Jesus, il s’agit évidemment dans les deux cas d’un piège. Il faut noter aussi que le tribunal scientifique moderne est bien plus ignorant que celui de l’Inquisition: Galilée a été condamné par un tribunal de savants, majoritairement d’accord avec lui sur le fond, mais qui a appliqué le droit de l’époque, droit qui disait que les Ecritures ne pouvaient être remises en cause sans preuve. La phrase qu’on prête à Galilée (”Et pourtant, elle tourne !”) est probablement apocryphe, mais elle aurait sans doute pu être prononcée par la plupart des membres du tribunal le condamnant !

Au contraire, la communauté qui condamne Raoult avec une très grande violence, on le voit sur les réseaux sociaux, est persuadée de son bon droit, persuadée de l’erreur insigne et du cynisme de Raoult puisque cette « erreur », elle ne conçoit même pas qu’il puisse la faire, au double sens du terme, de « bonne foi ».

Qu’on ne se méprenne pas. Raoult n’est évidemment pas Galilée, mais la « communauté scientifique », c’est bien l’Inquisition. Le monde ne pardonnera pas l’erreur de jugement du tribunal progressiste. Parce que c’est une insulte à la raison grave, qui a tué. La raison est un instrument délicat, un aiguillon permanent de la conscience et les défections vont être, au fur et à mesure du temps, de plus en plus nombreuses dans le camp progressiste. Dans les prochaines années, ceux qui pensent devront le faire non seulement en dehors mais contre les chapelles et les institutions progressistes.

Mesdames et messieurs, ce qui s’écroule sous vos yeux aujourd’hui, ce grand cadavre à la renverse, c’est le progressisme.

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Le coronavirus tue 5 fois plus qu’il ne devrait

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique.
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Donner le traitement marseillais (hydroxychloroquine+ azithromycine) dès l’apparition des symptômes du coronavirus diminue par 5 le risque d’hospitalisation. Dans cette étude brésilienne, il y avait groupe de contrôle et le groupe de contrôle était au départ malade de façon plus sévère que le groupe de test.

La diminution par 5 du nombre des personnes hospitalisées a aussi pour conséquence un meilleur taux de survie pour les personnes hospitalisées, les hôpitaux étant moins surchargés

Cette étude brésilienne est très belle parce que:

1) N’ayant pas de tests à leur disposition, ils ont traité les patients qui avaient les symptômes du coronavirus plutôt que ceux qui étaient testés positifs au coronavirus. Ceci leur a permis de traiter les patients plus vite, sans attendre le résultats des tests. N’ayant pas de moyens d’observation directe, ils en ont donc fait un atout.

2) Le groupe de contrôle est constitué des personnes ayant refusé le traitement. Il n’est donc pas, comme on dit « randomisé », mais pas non plus soumis à l’arbitraire médical (on soupçonne Raoult à Marseille d’avoir sélectionné de « bons » patients). Qui plus est, le groupe de contrôle est plus malade que le groupe test, donc l’étude est en quelque sorte « surconcluante » (voir [Explication] ci-dessous pour plus de détails).

3) L’étude porte sur 636 patients, plus personne ne va pouvoir parler d’échantillon non significatif.

et

4) ils ont essentiellement traité en visio, ce qui réduit la contagion vers le personnel médical et vers le reste de la population, les malades étant immédiatement confinés.


Tous les pays du tiers-monde n’ayant pas les tests, dont la France, peuvent donc appliquer cette stratégie.

(Les résultats de Marseille montrent en outre la diminution rapide de charge virale due au traitement, donc la contagion est aussi réduite d’un facteur 2 à 3 par malade, ce qui contribue à endiguer l’épidémie).

Ne pas suivre ce traitement tue. On multiplie aujourd’hui par 5 le nombre de patients hospitalisés et probablement par 5 aussi le nombre de morts. C’est un vrai scandale.


[Explication : Pourquoi cette méthode indirecte est-elle valide ? Et pourquoi est-elle surconcluante ?

J’ai lu beaucoup de critiques faites par des épidémiologistes sur la méthode, parce qu’effectivement, le diagnostic médical n’est pas une preuve de la présence du virus – les symptômes du virus sont proches de la grippe, par exemple. Il y a donc dans chaque groupe une large proportion de malades n’ayant pas le COVID-19. Cette proportion est peut-être de l’ordre de 30% et surtout, elle peut varier entre le groupe de test et le groupe de contrôle. Que se passe-t-il donc si le groupe de contrôle est plus atteint que le groupe de test par le COVID-19 ?

Ainsi, dans le cas ci-dessous, on suppose que 60% du groupe de test a effectivement le COVID, alors que 80% du groupe de contrôle est infecté (différence très importante et peu probable; il y aurait 2 fois plus de patients sans virus dans le groupe de test). On voit que si le traitement est inefficace, le taux d’hospitalisation ne va varier que de 15% (4,8% contre 4,2%). Or l’étude observe une variation du taux d’hospitalisation de 500% entre les groupes ! Pour générer un tel écart de mesure, il faudrait supposer que par exemple 20% du groupe de test seulement est atteint du virus, alors que 80% du groupe de contrôle est atteint du virus (je vous laisse faire les maths). Une telle variation de la performance du diagnostic des médecins est impossible compte tenu de la taille de l’échantillon, sauf grave fraude. Conclusion :la différence observée ne peut provenir d’un problème de constitution des groupes. La méthode indirecte est valable.

 

Groupe test (100 patients)

COVID-19 NON-COVID19
60 40
Hospitalisation = 6% x 70=4.2% Hospitalisation : 0

 

Total hospitalisation : 4.2%

 

Groupe contrôle (100 patients)

Cas 1

COVID-19 NON-COVID19
80 20
Hospitalisation = 6% x 80=4.8% Hospitalisation : 0

 

Total hospitalisation : 4.8%

D’autre part, les observations cliniques montrent que le groupe de contrôle est « plus malade » que le groupe de test. Si effet il y a eu, cela aurait été plutôt dans un sens défavorable à l’étude. C’est en ce sens, la méthode employée est « surconcluante ».

Toutes les critiques lues sur Twitter et ailleurs portent sur la méthode elle-même. Evidemment, ce n’est pas la méthodologie habituellement préconisée mais les médecins brésiliens expliquent pourquoi, soumis à des contraintes cliniques évidentes, ils ont opté pour l’observation indirecte. Je rappelle à tous les méthodologistes, épidémiologistes et autres scientifiques de tout poil que si la méthodologie protocolaire, bien appliquée, garantit le résultat, la réciproque n’est pas vraie. On peut arriver à un résultat probant par d’autres voies, et c’est ici le cas. Devoir expliquer tous ces détails en long en large et en travers, alors qu’ils sont l’évidence même, et constituent le travail que tout analyste devrait faire à la lecture de l’étude montre avant tout la baisse de niveau de la « communauté scientifique » que j’ai évoquée ici.

L’explication fournie ci-dessus a pour simple but de donner l’esprit du raisonnement et est simplifiée. Pour une analyse plus en détail, voir l’ajout n°2]

[1. Il y a une mort suspecte dans le groupe de traitement (« first death was due to acute coronary syndrome ») liée à un patient cardiaque sans plus de commentaire dans l’étude (donc on ne peut pas savoir s’il est justifié de de leur part de ne pas faire le lien avec le traitement lui-même). Ils ont inclus 9 patients cardiaques dans leur traitement, sans suivi spécifique, ce qu’à mon avis ils auraient mieux fait d’éviter et ce qui n’est jamais fait à Marseille. Evidemment, tous les dingos qui se prétendent scientifiques vont bondir là dessus mais ça ne remet en rien en cause le traitement tel qu’il est préconisé par l’équipe de Marseille.]

[2.Ajout 18/04. Le présupposé de l’étude, puisqu’on n’a pas la certitude que tous les patients aient le coronavirus, est que pour les patients ne l’ayant pas, la probabilité de finir à l’hôpital ne varie pas compte tenu du traitement. Sinon, il se peut que la baisse du taux d’hospitalisation du groupe de test soit lié au soin apporté à des patients n’ayant pas le coronavirus ! Ceci peut être le cas si des patients sont atteints de « simple » pneumonie bactérienne par exemple, l’antibiotique agissant sur la pneumonie – il semble que les symptômes d’une pneumonie bactérienne puissent être confondus avec ceux du coronavirus. La réduction du taux d’hospitalisation entre les groupes est de 4% Dès lors que donc plus de 4% des patients seraient dans ce cas, l’étude serait non probante.
Voir les 2 tableaux ci-dessous pour une illustration quantitative de cet effet. Nous avons pris le cas où le traitement antibiotique (AZT) soignerait la pneumonie, ayant un taux d’hospitalisation supposé de 80% si non soignée. 5% de patients ayant une pneumonie bactérienne suffisent pour créer la confusion dans les résultats.

Groupe test (100 patients)

 

COVID-19 NON-COVID19
  Autres maladies, dont l’évolution ne nécessitera pas hospitalisation Pneumonie bactérienne, entraînant hospitalisation pour 80% des patients
70 25 5
Hospitalisation : 3% x 70 = 2.1% 0 0 (car soignée par AZT)

 

Total hospitalisation = 2.1%

Groupe contrôle (100 patients)

 

COVID-19 NON-COVID19
  Autres maladies, dont l’évolution ne nécessitera pas hospitalisation Pneumonie bactérienne, entraînant hospitalisation pour 80% des patients
70 25 5
Hospitalisation : 3% x 70 = 2.1% 0 Hospitalisation : 80% x 5 = 4%

 

Total hospitalisation : 6.1% (à comparer au 2.1% ci-dessus… Pourtant, dans le cas étudié, le traitement n’a aucun impact sur le COVID-19… Il ne soigne que la pneumonie !)

Il importe de mentionner que cet effet de « leurre » est très improbable. Parce qu’en période épidémique, ce qui est le cas au Brésil et en France, on peut estimer que 90% à 100% des nouvelles hospitalisations sont liées au COVID-19. Il est donc très improbable qu’il y ait dans les groupes testés une maladie bactérienne (traitable par antibiotique), ayant les symptômes du covid-19 et susceptible d’amener un nombre d’hospitalisations du même ordre que le coronavirus. Si cela était le cas, on ne pourrait pas demander aux malades présentant des symptômes, mais non testés,de simplement rester chez eux à attendre – ce qu’on fait pourtant. On aurait alors depuis longtemps remarqué la présence de 2 épidémies différentes et simultanées, ce qui n’est le cas nulle part.Je lance ici une demande de confirmation (en commentaires) aux hospitaliers qui liront ce billet.

[3. Ajout 18/04. Quoi qu’il en soit, et même si le traitement n’agissait pas sur le coronavirus (!), les conclusions de l’étude resteraient valables. En France, les diagnostics de Covir sont très incertains aussi et il est proposé aux patients de rester chez eux à attendre que la maladie, quelle qu’elle soit, passe. La stratégie HCL/AZT suggère une diminution par 5 du taux d’hospitalisation pour de tels patients dans les conditions actuelles, quelle que soit leur maladie. Or réduire le taux d’hospitalisation par 5, c’est sauver des vies.]

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