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la discrimination n’est plus ce qu’elle était 18 mai 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19.
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Séparer les enfants des soignants des autres enfants est-il une discrimination ? Pour répondre à cette question, il faut se demander si ces enfants sont séparés à cause de leur origine sociale ou à cause du risque de contagion qu’ils présentent. Dans le premier cas, il s’agit d’une discrimination mais dans le second cas, il s’agit d’une simple mesure de précaution qui semble appropriée, si elle permet d’éviter la contagion.

Si le risque de contagion présenté par les enfants de soignants est nettement supérieur aux autres (ce que très franchement j’ignore et donc ma réflexion n’est, si j’ose dire, qu’un cas d’école), il convient de les séparer et cette séparation n’est en rien une discrimination, mais la contribution citoyenne de l’enfant à la lutte contre l’épidémie. Elle n’est évidemment alors pas liée à l’origine sociale de l’enfant. En fait, la qualifier de discrimination empêche l’enfant de réaliser son devoir. Son devoir étant toujours, enfant ou pas, de protéger son prochain. Un droit qui nous empêche de faire notre devoir, d’agir dans l’intérêt général, est toujours un mauvais droit.

En fait, cette séparation est très comparable, dans l’esprit, à la mise en quatorzaine d’une personne suspecte d’avoir le virus ou d’avoir côtoyé de près une personne infectée. Personne ne songerait à contester cette nécessité. Si nous la contestons ici, c’est que nous avons pris à tort l’habitude de tout voir sous l’angle des droits, et de moins en moins sous l’angle des devoirs. On pourrait d’ailleurs très facilement faire comprendre ceci à tous les enfants, en les en rendant très fiers et sans les inquiéter.

« Ton papa – ou ta maman- est très courageux. Il a pris des risques désintéressés pour les autres, il a fait son devoir, il a sauvé des vies et du coup, toi, tu as plus de chances d’être porteur du virus que les autres élèves. Ne t’inquiète pas, ce virus n’est pas dangereux pour un enfant, mais tu pourrais le transmettre à un autre enfant, qui lui-même le transmettrait à une personne âgée. Ce serait alors le contraire de ce pour quoi tes parents se battent tous les jours et tu peux les aider dans leur travail en y participant, en te mettant pour quelque temps à l’écart ou en te regroupant avec les autres enfants dont les parents aussi ont été très courageux. »

Tous les enfants adorent visiter le lieu de travail de leurs parents s’ils ont la chance de pouvoir le faire. Ainsi, cette séparation « imposée » prolongerait-elle le travail des parents et l’illuminerait, tout en lui donnant tout son sens. Elle créerait sans doute aussi des vocations.

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