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Raoult n’est pas Galilée, mais le Conseil Scientifique est pire que l’Inquisition 29 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Sur le plan scientifique, il n’y a aucune commune mesure entre Galilée, un des plus grands découvreurs de l’humanité et Raoult, qui est juste un très bon chercheur.

L’excellence scientifique ne protège en rien contre l’erreur. Ni contre les publications faites trop rapidement. Il faut se souvenir que Galilée publiait très rapidement (parfois moins de 15 jours après ses observations) et s’est souvent complètement planté. Ses “Dialogues sur les deux systèmes du monde” fourmillent de graves erreurs, en particulier sur l’explication des marées (ce qui n’empêche pas que le livre soit magnifique). Surtout, si l’Eglise a condamné Galilée, ce n’est pas parce qu’elle pensait que sa thèse était fausse mais « simplement » parce que Galilée n’apportait pas les preuves de ses dires.

Le paradoxe a été le suivant : Galilée a été condamné par un tribunal de savants, majoritairement d’accord avec lui, mais qui a appliqué le droit de l’époque, droit qui disait que les Ecritures ne pouvaient être remises en cause sans preuve. La phrase qu’on prête à Galilée (”Et pourtant, elle tourne !”) est probablement apocryphe, mais elle aurait sans doute pu être prononcée par la plupart des membres du tribunal le condamnant !

Donc, au moment de la condamnation de Galilée, qui est déjà postérieure aux travaux de Kepler, tout le monde savait, même si la preuve n’était pas disponible. La preuve n’arrivera que plus tard, progressivement, quelque part entre Newton et Foucault.

En ceci, la connaissance du tribunal condamnant Galilée est bien supérieure à celle des médecins et des politiques qui condamnent aujourd’hui Raoult, car ils sont dans l’illusion qu’ils sont « dans la science » et que Raoult est « en dehors de la science », qu’ils ont raison de suivre le protocole et que lui a tort.

Là où le tribunal ecclésiastique était savant, presqu’éclairé, le Conseil Scientifique est ignorant, alors qu’il pense être le produit des Lumières.

L’erreur du tribunal moderne est triple :

  • Idolâtrie du protocole. il fait la confusion entre médecine et protocole, alors que le protocole est un moyen, non une fin. Ce que j’ai expliqué dans un précédent billet.
  • Confusion entre savoir scientifique et opinion scientifique. Il estime naïvement qu’il y a une frontière stricte entre opinion et savoir scientifique. Or cette frontière est floue. Le savoir scientifique n’est qu’une évolution, sur des années de l’opinion scientifique. Ce que j’ai aussi expliqué dans un précédent billet.
  • La bonne décision n’est pas une moyenne, un consensus entre les avis scientifiques, mais le meilleur avis scientifique. Et celui à même de le donner est clairement Raoult, meilleur chercheur français, si ce n’est mondial sur le sujet. Ainsi, la plupart des critiques faites à Raoult (la soi-disant dangerosité de son traitement, l’absence de recherche de l’effet placebo, l’absence d’échantillon de contrôle, différents problèmes de méthodologie) sont évidemment parfaitement connues de Raoult dès le départ. Ces critiques ne prennent pas en compte le fait que, meilleur spécialiste du moment, son avis doit être réputé supérieur aux autres.

    En particulier, on ne semble pas voir que les études Raoult ont des conséquences profondes non seulement sur le soin immédiat apporté aux malades, mais sur la stratégie de test et de confinement. Elles sont pourtant écrites en ce sens: si la durée de contagion diminue de 20 j à 6 j, les conséquences positives sur la santé et l’économie sont énormes. Or les résultats sur la durée de contagion semblent mieux établis, dès la première étude, que ceux sur la santé des malades.

Tout ceci justifie très certainement qu’on lui demande de s’expliquer face à ses pairs, rapidement, dans l’heure même qui suit sa proposition de traitement (car il y a urgence, car il y a un certain risque de fraude) mais certainement pas qu’on le mette hors la loi. Or le décret gouvernemental n° 2020-293 du 29 mars 2020 rend de fait Raoult juridiquement coupable de prescrire son traitement à Marseille.

Rappelons que l’Eglise n’avait jamais été jusque là. Elle n’avait jamais prétendu empêcher Galilée de mener ses travaux, elle voulait simplement qu’ils ne soient pas publiés en l’absence de preuve.

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Du CSA au CS

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Tous ses membres étant nommé par l’exécutif, le Conseil Scientifique, soi-disant indépendant, ne peut qu’être à la science ce que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel est à l’indépendance des media et à la liberté d’expression:

(au choix et successivement)

- un parapluie pour l’exécutif
- un dévoiement de la science
- un organisme partisan
- rien du tout

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L’économie, c’est la santé 27 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique.
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il n’y a pas à opposer économie et santé. Le PIB / tête est clairement corrélé à la durée de vie, à la mortalité infantile. Une grave récession tuerait peut-être plus (pour ne pas dire bien plus) que le virus lui-même. Elle pourrait aussi tuer de façon indirecte sous forme de guerre civile ou de guerre.

L’économie n’est que notre forme d’organisation actuelle pour nous permettre de survivre face à la pression que nous met la nature. Nous ne sommes pas dans une logique si différente de celle du chasseur cueilleur préhistorique, mais nous ne nous en rendons plus compte car notre rapport à la nature est devenu indirect, via de multiples intermédiaires.

Que fait le chasseur cueilleur si on le confine 1 mois ? Il meurt. Attention, je suis très inquiet pour la suite, et ce n’est pas par fascination pour l’économie, le travail, l’argent ou le grand capital.

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Comment se crée l’opinion scientifique ? 26 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique.
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On oppose depuis Platon l’opinion, qui est un jugement porté sans connaissance véritable, à la science, qui tient du savoir.

Le principe de base qui régit la sélection scientifique, la revue par les pairs (« peer review ») est censé protéger l’état de la science, sélectionner justement ce qui tient du savoir, considéré comme un absolu, de ce qui tient de la simple opinion.

Le mécanisme de sélection par les pairs

Cependant, du fait de l’hyperspécialisation des sciences à laquelle on assiste depuis un peu plus d’un siècle, le nombre des pairs, pour chaque spécialité, est très réduit. Souvent ces pairs se connaissent tous. Dans le cas des grandes universités anglo-saxonnes, ils vivent ensemble, se côtoient à la ville et dans les congrès, leurs femmes se côtoient, les cancans sur leur vie privée circulent entre eux, etc. Considéré spécialité par spécialité, le global village, même s’il est mondial, même à l’ère d’Internet, est donc minuscule.

Dans ce village, les opinions des profanes ne sont jamais considérées, même s’ils ont dédié 30 ans de leur vie à étudier les livres des savants. Les opinions des savants des autres disciplines ne sont non plus jamais considérées du fait de l’hyperspécialisation scientifique. Les pressions sociales qui s’y exercent sont intenses (argent, considération, amitiés, jalousies, réputation, lutte entre les générations…) comme dans toutes les activités humaines. Les savants sont des gens très doués, sélectionnés sur examen qui jugent leurs aptitudes supposées à la science, mais pas leur goût pour la vérité. Il y donc aussi des modes en sciences, qui produisent ce qu’il faut bien appeler une opinion moyenne, au sens où l’entend Platon. Même si cette opinion s’appuie sur des données expérimentales, ces expériences sont réalisées dans le village, les a priori qui les sous-tendent ne sont compris que dans le village, nécessitent des appareils coûteux et ne sont interprétées que par les habitants du village. Planck : « Même dans le cas des mesures les plus directes et les plus exactes, par exemple celle du poids ou de l’intensité d’un courant, les résultats ne peuvent être utilisables qu’après avoir subi nombre de corrections dont le calcul est déduit d’une hypothèse».

Le « peer review » échoue donc souvent à différencier « opinion » et « savoir ». Qui plus est, la façon de fonctionner de l’Université actuelle nuit d’une certaine manière au progrès scientifique lui-même.

La forme des publications

Le mode de fonctionnement scientifique actuel semble bien adapté à des évolutions techniques incrémentales. Les savants sont payés pour aller toujours de l’avant, produire de nouveaux papiers sans quoi on n’obtient ni avancement ni prix Nobel. Pourtant Aristote, Galilée, Newton… ont écrit de grands livres et dans le cas d’Aristote et de Galilée au moins, contenant une grande part d’opinion. (C’est une évidence aujourd’hui pour Aristote et dans le cas de Galilée, le Dialogue sur les systèmes du monde, un livre extraordinaire dans sa forme et son impact, est bourré d’approximations et d’erreurs scientifiques, en particulier sur la théorie des marées).

La méthode actuelle à base de publications courtes est une sorte de caricature (perversion) de la méthode expérimentale de Descartes : chaque papier apportant une pierre supplémentaire à l’édifice mais sans jamais un retour sur les fondements. Ainsi, autant que j’en puisse très modestement juger en tant que non habitant du village, en dépit d’avancées techniques absolument uniques depuis un siècle, la physique fondamentales s’est arrêtée depuis la découverte de la relativité et de la physique quantique, chacune résolvant d’un coup un grand nombre de contradictions classiques mais introduisant naturellement de nouvelles contradictions (Platon : « tout ce que l’intelligence humaine peut se représenter enferme des contradictions qui sont le levier par lequel elle s’élève »).

Ce qui se joue ici est plus important que la science même, c’est la notion de vérité, remplacée un peu partout par la notion d’utilité, que ce soit au sein du village ou des autres modes de publication « grand public ». Tout nous ramène à l’utilité, personne ne songe à la définir. Et en fait, l’opinion publique règne aussi dans le village des savants. Nous sommes revenus à la Grèce telle que Platon la décrit dans la République, au point qu’il semble décrire notre époque. L’art de persuader, la publicité, la propagande, le cinéma, le journal, la radio, la télé, Google, Facebook, Twitter tiennent lieu de pensée et ont simplement remplacé Protagoras et les sophistes. Malheureusement, il semble que Socrate, Platon, la tradition pythagoricienne nous fassent défaut.

Comme les savants n’ont souvent qu’une opinion, la politique de Macron, qui consiste à faire reposer toutes les décisions politiques sur les propositions des savants, comme si les savants détenaient le savoir, me paraît d’une très grande naïveté, j’emploie ce mot par modération naturelle mais il faudrait plutôt parler d’aberration ou de grosse connerie. Pourtant cette position politique passe dans l’opinion comme une lettre à la poste en temps de non confinement, elle est très populaire.

L’état de la science, ce n’est certes pas rien. Mais il est toujours un mélange de savoir et d’opinion, la proportion de chaque élément étant inconnue de la plupart des savants eux-mêmes. Les échanges sur les réseaux sociaux montrent que beaucoup sont prêts à suivre presqu’aveuglément l’avis des savants, même lorsque cet avis n’est qu’une opinion Il s’agit ni plus ni moins que d’une forme d’aliénation à l’avis des savants, de servitude. Cette aliénation est très dure à combattre. Ceux qui en sont victimes sont souvent des gens dits bien éduqués qui se vivent comme des héritiers des Lumières. Ceux qui refusent de s’y soumettre sont à leurs yeux d’obscurantistes ennemis de la science (à moins que ce ne soient des désespérés refusant de regarder la réalité en face, presque des pré-religieux, injure suprême !, la religion étant à leurs yeux souvent incompatible avec la science).

« Devons-nous nous soumettre aveuglément à ces savants qui voient pour nous, comme si nous nous soumettions aveuglément à des prêtres eux-mêmes aveugles, si le manque de talent ou le loisir nous empêche d’entrer dans leurs rangs ? Rien n’est plus difficile, et en même temps rien n’est plus important à savoir pour tout homme. Car il s’agit de savoir si je dois soumettre la conduite de ma vie à l’autorité des savants ou aux seules lumières de ma propre raison ».

Simone Weil (1).


(1) Simone Weil inspire un grand nombre de ces réflexions, avec Arthur Koestler. En ces temps confinés, je ne peux que recommander d’ailleurs à tous ceux qui ont eu la patience de lire jusqu’au bout la lecture des Somnambules, qui, parcourant l’époque menant de Copernic à Newton, reste pour moi le meilleur livre sur le sujet de la création du savoir scientifique.

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Confiné, délivré : un algorithme pour lutter contre le virus tout en préservant l’économie 25 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique.
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La stratégie idéale serait de tester massivement la population et d’isoler les personnes positives. Mais les pays du tiers-monde, et la France, n’ont pas les moyens de cette stratégie. Ils confinent alors toute la population, pour un coût de plusieurs centaines de milliards. L’économie est arrêtée net, les désordres qui suivront (au mieux pauvreté, au pire guerre) tueront probablement plus que le virus lui-même.

Pourtant, il existe un moyen de ne pas tuer l’économie, qui m’est indiqué par mon amie Laurence.

Comme seuls les vieux et quelques profils à risque peuvent mourir de ce virus (1), il suffit de les confiner eux, et eux seuls, en laissant le reste de la population libre d’aller travailler (pour les parents), d’aller à l’école (pour les enfants).

On peut mettre tous les moins de 60 ans au boulot dès demain, sauf s’ils habitent avec des vieux ou des personnes à risque. Dans ce cas, il faut les sortir de chez eux et les mettre pour quelques semaines dans des hôtels réquisitionnés, près de leur lieu de travail - ou en télétravail.

Le virus circulant librement parmi les personnes non confinées, on atteint rapidement le seuil dit « du troupeau » : à ce stade, le virus ne peut plus circuler du fait d’un trop grand nombre de personnes immunisées. Et les vieux peuvent mettre le nez dehors.

L’immense avantage de cette stratégie de confinement : elle empêche le virus de tuer et préserve l’économie.


(1) A ceux qui vont contester cette affirmation, je précise que je parle au sens statistique du terme. Et je leur demande de se concentrer sur la vision d’ensemble.

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Le coût exorbitant du confinement

Par Thierry Klein dans : Politique.
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La stratégie actuelle de confinement est moyennement efficace, puisqu’elle n’empêche pas les membres d’une même famille de se contaminer. Elle n’empêche pas non plus un positif d’en contaminer d’autres en allant faire ses courses, bosser sur son chantier, etc – je rappelle qu’on peut être positif 2 à 3 semaines avant de présenter le moindre symptôme. La Chine a cependant montré que cette stratégie, quand même lourdingue puisqu’on confine 60 millions de personnes, finissait par payer si elle était bien respectée.

Son coût est très difficile à estimer mais il est de quelques centaines de milliards. Macron a parlé de 300 milliards de garantie de l’Etat aux entreprises. Toutes ces garanties ne seront pas dépensées, mais ce chiffre n’intègre pas les effets de la crise économique à venir, qui peut être pire que celle de 1929. Et il ne faut pas oublier qu’une telle crise tue aussi, car elle entraîne toujours une grande pauvreté et parfois la guerre.

Les coréens du Sud ont, par opposition pratiqué une stratégie de tests systématiques sur leur population. Tout le monde est testé, les positifs, symptomatiques ou non, sont mis en quarantaine – et non pas confinés - jusqu’à ce qu’ils soient débarrassés du virus. Cette stratégie est très efficace, nul besoin d’être un grand ponte pour comprendre qu’une personne positive, détectée tôt, ne contaminera plus personne.

Il y a aujourd’hui 17 000 cas positifs identifiés en France, probablement 10 à 100 fois plus de cas réels, ce qui correspond à 1 million de personnes en quarantaine environ, peut-être bien moins (ce chiffre est très important, évidemment, et signifie que certaines personnes ne pouvant être isolées seraient simplement confinées, avec un maximum de précautions).

Avec le traitement Raoult, ces personnes ne resteraient en quarantaine qu’une semaine (au lieu de trois en Corée). Le coût du test est de l’ordre de 50€ et peut sans doute être baissé, mais même si on teste pendant 10 semaines toute la population tous les 15 jours, soient 5 campagnes, le coût serait de 60 millions x 50 € x 5 = 15 milliards “seulement”, il s’agit sans doute d’un coût surestimé. Et ce test réduirait aussi significativement le nombre de morts, les positifs étant détectés avant tout symptôme.

Il commence à exister des tests imparfaits (fonctionnant à 80%), peu coûteux, qu’on peut produire en masse, avec lesquels la stratégie ciblée réussira tout aussi bien.

Une telle stratégie ciblée a en outre l’immense avantage de ne pas arrêter l’économie et d’éviter probablement la crise économique.

Aujourd’hui, nous mettons donc en oeuvre une stratégie très coûteuse et moyennement efficace, alors qu’il existe une stratégie peu coûteuse et très efficace.

Nous ne disposons pas aujourd’hui des tests (nous en produisons moins de 10 000 / jour, c’est nettement insuffisant, merci à nos champions). Mais toutes les solutions (achat, production, en France ou hors de France) devraient être envisagées pour changer, “à tout prix”, de stratégie.

Mais ces solutions sont-elles à la portée d’un pays qui n’a pas su se procurer de gel, ni de masques ?

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L’idolâtrie du protocole 24 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Adorer une idole, c’est confondre la statue avec Dieu. Plus généralement, l’idolâtrie, c’est confondre l’objet et le principe. Harpagon idolâtre l’argent, c’est-à-dire qu’il le confond avec la raison de vivre. Le Colonel Henry idolâtre l’armée et pense qu’il est plus important de protéger l’institution que la justice - ce faisant il oublie la finalité de l’armée. Il y a idolâtrie chaque fois qu’on confond la fin et le moyen, le moyen acquérant une telle importance qu’il finit par s’opposer à la fin, aussi élevée soit elle.

A quoi sert le protocole médical ? C’est un outil censé fixer les meilleures règles possibles pour permettre à chaque médecin de sauver des vies. Le soin envers les malades, sauver des vies, c’est la vraie fin de la médecine. Les principes éthiques régissant la pratique du médecin, immortels, éternels, les seuls qui tiennent, sont inscrits dans le serment d’Hippocrate. Pas dans le protocole.

Au nom du « protocole », le traitement proposé par Raoult est qualifié par ses opposants de « non éthique ». Et ce terme même constitue un élément de langage médical qui traduit l’idolâtrie, puisque ce qui n’est pas éthique, c’est de nuire au malade, non pas de sortir du protocole.

  • Les tests proposés par Raoult ont fonctionné pour 20 patients sur 20, ce qui suggère un taux de succès de l’ordre de 99% du traitement. Même si Raoult a abordé ce point dans son papier, peu comprennent que la taille de l’échantillon est très significative, compte tenu de ce taux (plus le traitement marche, plus l’échantillon peut être réduit).
  • Un grand nombre de critiques portant sur l’étude sont faites, je les ai attentivement lues et pour la plupart, elles sont de pure forme compte tenu du contexte (effet placebo non déterminé, manque de suivi de l’échantillon non testé…). Tout semble montrer que Raoult, quand il a a vu que le traitement fonctionnait, a publié en l’état, au plus vite, pour sauver des vies. Sa connaissance profonde de la chloroquine, dont il est un des experts mondiaux, l’a probablement conduit à faire des raccourcis. On peut l’interroger certes sur différents points (mais que font les journalistes scientifiques, on préférerait qu’ils interrogent Raoult plutôt que de partager leur « opinion » ?), mais on ne peut pas en faire un prétexte pour différer le traitement.
  • Le traitement proposé a l’immense avantage d’être composé de deux médicaments parfaitement connus, l’hydroxychloroquine et un antibiotique. Comme pour tous les médicaments, des contre-indications existent et un suivi médical est certes nécessaire – mais il n’y aucune raison particulière de tester outre mesure cet assemblage. Ni surtout de faire de l’hydroxychloroquine, médicament couramment utilisé depuis des dizaines d’années, un épouvantail.

Car en même temps, chaque jour, les malades meurent par centaines. Tout retard lié à la prolongation des tests tue – mais respecte le protocole de façon impeccable.

Le Conseil Scientifique propose de traiter les malades les plus gravement atteints, mais c’est là où le traitement est le plus risqué et aussi là où le traitement sera le moins efficace. Il y aura donc des accidents et il y aura donc des échecs – on a presque l’impression que ceux-ci sont recherchés, provoqués.

Il y a une part totalement méprisable dans cette décision, qui résulte des conflits d’ego et d’intérêts et probablement aussi de l’absence de stock des médicaments nécessaires. Peut-être y a-t-il même, de la part des membres du Conseil, le besoin de sauver leur putain de cul, tant l’ère est à la judiciarisation de toute décision - et il est évidemment plus confortable, juridiquement, de rester dans le cadre parfait du protocole. Le Conseil n’ose même pas annoncer la décision effective (retarder la généralisation du traitement). Il annonce simplement « effectuer des tests qui permettront de sécuriser le traitement ».

Je vois aussi des médecins, des journalistes scientifiques, beaucoup de gens respectables soutenir, de bonne foi, la décision du Conseil. Il y a là-dedans une part d’incompétence, celle qui les empêche d’analyser correctement l’étude de Raoult et aussi, surtout, une forme d’adoration du protocole. Ils ont perdu de vue que la médecine est faite pour sauver des vies, pas pour appliquer les protocoles. Le protocole n’est qu’un outil qui, dans l’immense majorité des cas, contribue au progrès des remèdes. Ici, il est tout simplement inapproprié. Il faut tirer de l’étude de Raoult les conclusions qui s’imposent.

Quelques extraits du serment d’Hippocrate :

« Mon premier souci sera de rétablir la santé »
« Je ne tromperai jamais la confiance des malades »
« Je ne provoquerai jamais la mort délibérément »

Or on propose au personnel soignant de volontairement priver certains malades d’un traitement qui fonctionne (puisqu’il faut tester et donc constituer des groupes ne recevant aucun traitement), de donner le traitement trop tardivement – tout ceci au nom du respect du protocole.

Le personnel médical est aujourd’hui placé devant une injonction contradictoire, contraint de réaliser pour les patients un « Choix de Sophie » qui tuera des malades et aura probablement, comme pour Sophie, des effets durables sur la santé mentale des soignants.

« Jamais, dans cet univers, il n’y a égalité de dimensions entre une obligation et son objet.»

Simone Weil

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Coronavirus: on tient nos champions

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Le Haut conseil de santé recommande de ne pas utiliser la chloroquine sauf cas graves, c’est-à-dire quand, potentiellement, son usage est le plus risqué. Et sous respirateur, c’est trop tard car on ne réparera pas le poumon abîmé par la pneumonie qu’induit le virus. L’utiliser comme extrême-onction réduira donc l’efficacité statistique du remède tout en augmentant les incidents médicaux. Guéguerre des services médicaux.

Alors qu’il faudrait généraliser son usage en première intention, sur les sujets positifs asymptomatiques ou présentant les premiers symptômes, pour diminuer la contagion par 3 (de 20 à 6j), limiter ses effets secondaires et surtout éviter le basculement vers les cas les plus critiques.

Ou peut-être, tout simplement, ces annonces sont faites pour ne pas dire qu’on manque de chloroquine aussi, comme on a manqué de masques, comme on a manqué de tests.

On tient nos champions.

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Coronavirus : comment en sommes nous arrivés là ? 22 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Politique, Technologies.
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A 4 jours d’intervalle, le chef de l’Etat s’est adressé aux français en délivrant des messages nébuleux et contradictoires. Ces deux interventions ont été faites à situation sanitaire essentiellement inchangée – non pas que le nombre de cas par jour soit resté constant, mais les invariants de l’épidémie, à savoir la gravité du virus et la loi mathématique déterminant le nombre de cas (essentiellement une exponentielle), étaient déjà connues depuis plusieurs semaines.

Macron avait donc tout loisir, dès sa première intervention et même bien avant, de déterminer une stratégie et de la communiquer de façon claire aux français. Ce qui l’empêche de le faire, c’est qu’il est lui-même soumis à la pression des réseaux, soit directement, puisqu’il y est présent, soit indirectement, puisque tous ses collaborateurs y sont présents.

En tant que spectateur du réseau, Macron est soumis comme vous, comme moi, à « l’opinion du réseau » (1) qui varie de jour en jour. Dans ses conditions, il lui est impossible de conserver une position de dirigeant rationnel et éclairé, il ne peut plus que singer cette position. D’un côté, il se pose en leader fort avec un discours martial et pathogène, multipliant les références déplacées à la guerre. De l’autre ce discours est en décalage total avec ses atermoiements (des positions différentes à 4 jours d’intervalle, mesures très indécises et floues, impossibilité à prononcer même le terme « confinement »).

Ce discours incohérent, dont l’invariant est le côté avant tout pathogène, c’est la traduction de la « pression collective » du réseau sur Macron.

« A mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un certain homme ou une certaine classe diminue. La disposition à croire la masse augmente, et c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde…Dans les temps d’égalité, les hommes n’ont plus foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude, mais cette même similitude leur donne une confiance presqu’illimitée dans le jugement du public, car il ne leur paraît pas vraisemblable qu’ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre… ce qui entraîne une immense pression de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun.»

Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

Cette “immense pression collective” dont parle Tocqueville, c’est une forme de panique. La panique est le phénomène où les individus se guident, en masse, sur des traits émergents – par exemple la direction générale de la fuite ou dans le cas présent le jugement du public tel qu’il apparaît dans le réseau. C’est aussi ce qui se passe lors d’un krach boursier, où tout le monde vend parce que tout le monde vend, sans autre raison valable.

De Gaulle pouvait à bon droit afficher une certaine distance vis-à-vis du peuple, cette distance étant une des conditions d’un bon gouvernement. Mais l’opinion du réseau variant de jour en jour, pour l’homme d’Etat soumis à la pression du social numérique, ce n’est plus « Moi, ou le chaos », c’est « Moi, traduisant le chaos ». Macron n’est pas spécialement à blâmer dans cette affaire ; nous sommes tous logés à la même enseigne et nous sommes tous des victimes du réseau, en ceci qu’il nous transforme tous en moutons, chacun de nous étant à la fois acteur et victime de cette transformation.

L’opinion du réseau paraît toujours éclairée. On y trouve toute l’information, y compris la vraie et les algorithmes y sont organisés de façon à ce qu’on y trouve essentiellement des confirmations de notre opinion, celle-ci étant déjà, de façon récursive, la composée de l’opinion du réseau et de notre opinion antérieure. Chacun croit raisonner mais y trouve en fait la confirmation a posteriori de ses passions. Cette impression de fausse rationalité qui s’impose à son corps défendant à la foule est en fait très similaire aux pires phénomènes de contagion mimétique, du lynchage à Nuremberg. Il y a beaucoup de similitude entre ce que décrivent Sophocle dans Oedipe Roi, Ionesco dans Rhinocéros et ce qui se passe aujourd’hui.

Se soumettre à l’injonction du réseau, c’est au sens propre se soumettre à l’injonction de la populace au pire sens du terme, en ceci que la populace s’oppose au peuple, à l’intérêt général bien compris et est à même d’empêcher tout gouvernement. Tout ceci peut facilement dégénérer en massacre.

L’invariant de l’opinion du réseau n’est donc pas la pertinence mais bien la peur. Le réseau est avant tout pathogène et j’observe qu’à l’heure actuelle son opinion varie grosso modo quotidiennement. De là le ton et le contenu changeant des interventions de Macron, réussissant, à son corps défendant, une sorte de synthèse parfaite lors de ses interventions. Mais sous cette influence, il est impossible de gouverner tout court ; les bonnes décisions nécessitent une certaine distance et surtout, si on change de direction tous les jours, on ne va nulle part, que les décisions soient bonnes ou mauvaises. Mieux vaut une décision moyenne, à laquelle on se tient, que des changements permanents de direction, qui rendent toute progression impossible.

Je veux bien admettre que la France n’est plus ce qu’elle était. Mais l’absence de gel, de masques, de tests provient certainement plus de la dispersion frénétique des efforts du gouvernement, de cette incapacité pathologique à fixer la moindre direction que d’un honteux manque de moyens ou d’une stratégie cynique.

La Chine a vaincu le virus en confinant sa population, décision de qualité très moyenne. Ce confinement a une efficacité relativement faible et il est très coûteux économiquement. Mais sa maîtrise totale des réseaux sociaux a permis de fixer un cap, même imparfait, et d’obtenir un résultat.

Je crains beaucoup plus la peste du réseau que le coronavirus lui-même. A la fin, la plupart des morts en France seront des victimes de Facebook. On nous parle beaucoup en ce moment de la prise de conscience censée être créé tous azimuts par le coronavirus. On nous prédit la fin de la mondialisation, du capitalisme-roi - toutes sortes de choses. Je suis très dubitatif mais ce serait déjà pas mal si on pouvait s’intéresser au rôle des réseaux.

« La vraie question est bien : comment ce pays est-il arrivé dans un tel état que l’on préfère écouter les gens qui ne savent pas que plutôt ceux qui savent ? »

(Professeur Raoult, dans La Provence du jour).


(1) Le réseau en tant que tel n’a évidemment pas une opinion. J’appelle opinion du réseau ses « traits émergents » - voir plus loin.

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