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L’aliénation choisie 14 février 2010

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Elisabeth Badinter dénonce “l’aliénation maternelle” et l’idéologie du “retour de la femme au foyer”. Mais si la femme n’est pas au foyer, elle est au travail, ce qui est aussi une aliénation. Et l’indépendance financière la rend consommatrice, c’est-à-dire aliénée par la publicité.

Le fait que ces deux dernières formes d’aliénations soient “mixtes” et touchent à la fois hommes et femmes ne les rend pas meilleures ni plus souhaitables, comme Elisabeth Badinter semble le croire.

[Le fait de préférer les aliénations mixtes (travail, consommation) à l'aliénation féminine (allaitement...) montre d'ailleurs à quel point le féminisme, tel que le conçoit Elisabeth Badinter, est plus une frustration qu'un humanisme]

Vouloir imposer à un être humain de renoncer à son aliénation (autrement dit, en langage courant, “vouloir faire le bien de quelqu’un contre son gré”) procède toujours d’une vision totalitaire (inquisition, stalinisme…).

On peut certes rêver de lendemains meilleurs, d’un âge d’or où les hommes et les femmes ne subiraient plus d’aliénation consciente ou inconsciente.

Mais en attendant, on n’a pas inventé mieux que la Liberté (qui n’est au fond que le droit, pour chaque être humain, de choisir son aliénation et non pas la fin de l’aliénation).

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Commentaires»

1. Florent - 14 février 2010

Surtout quand on sait qu’Elisabeth Badinter est la présidente du conseil de surveillance de Publicis et actionnaire à hauteur de 10%, il y a là un dichotomie du personnage

2. Parmentier - 16 février 2010

Je l’ai écouté un peu et je pense qu’il ne faut pas non plus tout confondre. Elle ne dit pas qu’il faut absolument que la femme travaille et qu’elle n’allaite pas . Elle dit plutôt qu’il faut que la femme puisse choisir de faire ce qu’elle veut et qu’on ne la culpabilise pas quand ses choix ne sont pas d’être mère au foyer.
en tout cas je l’ai compris comme ça….

3. Donkey - 17 février 2010

Tellement de conneries dans ce billet…

Avec la classique conclusion pédante du donneur de leçon à deux balles qui n’a pas compris la moitié de ce qu’il raconte.

T’as raison mon gros, les féministes sont rien que des stalinistes qui s’ignorent et qui feraient mieux de retourner à leurs casseroles!

Allez un indice pour te sortir de ton ignorance crasse mon pépère: puisque tu parles de liberté, la liberté de choix, ca te dit rien?

4. Stibbons - 18 février 2010

“Allez un indice pour te sortir de ton ignorance crasse mon pépère: puisque tu parles de liberté, la liberté de choix, ca te dit rien?”
Ne serais-ce la teneur de la dernière ligne?

C’est fou comme certains peuvent s’énerver dès que quelqu’un ose porter un regard non conventionnelle sur la société.

5. Les formes élémentaires de l’aliénation - 22 février 2010

[...] Enzo a laissé une diarrhée de commentaires sur mon précédent article « L’aliénation choisie ». [...]

6. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Les commentaires que tu cites étant sous Facebook (accès privatif), je les recopie ici… je devrais dire “je les transvase ici” vu ton qualificatif, peu amène, mais qui a le mérite de me faire rire.

7. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

En fait, je suis d’accord avec toi, comme avec Elisabeth Badinter. L’explication ?
- tu juges sur le fond, et je suis d’accord avec toi, on n’a pas a critiquer le choix de la femme au foyer dans l’absolu. Comme on n’aurait pas à critiquer celui du voile ou de la burqa, s’il était fait de manière indépendante et librement consentie par la femme. Là tu me vois venir j’imagine… Légère différence quand même, il y a des hommes au foyer, mais pas de burqa pour les hommes. Mais pas plus de mouvement pour “les hommes au foyer” que pour les “hommes à burqa”.
- E.Badinter est dans le combat, comme à son habitude : c’est même une pénible de chez pénible de ce côté-là. Le vieux problème de l’équilibre de la balance. Sous prétexte que l’ennemi pèse très fort de l’autre côté de la balance, on se sent obligé de faire contrepoids avec des positions extrêmes de l’autre côté. Plus beaucoup de place pour des positions mesurées, qui sont pourtant finalement les seules tenables.

Le pire, c’est que le “dernier” centriste Français est ce Bayrou à qui Simone Veil règle son compte de manière définitive dans ses mémoires (”Une vie”) : tu l’as lu ?

8. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Sur le fond (”la femme au foyer”), c’est un sujet assez complexe, et tu n’évoques pas certains aspects très importants de l’argumentaire de Badinter. Par exemple l’extrême difficulté de retrouver du travail après avoir arrêté plus de deux/trois ans. Donc à l’arrivée, elle est, comme presque toujours, trop extrémiste, mais elle a raison de soulever le problème, qui redevient d’actualité, comme souvent en période de crise.

Sur le point précis de l’écologie (le coup des couches lavables), ça vaut le coup d’en parler avec nos mères, qui ont connu la tyrannie des lessiveuses. L’obsession de l’écologie doit s’arrêter là où commence le 19th nervous breakdown.

9. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

On est en fait dans le problème dual de celui des quotas de femmes dans les CA. Tant qu’il n’y aura pas un vrai équilibre des tâches à la maison (ou du moins quelque chose qui y ressemble), il y aura plus d’hommes dans les CA et plus de femmes à la maison. Le contre-modèle c’est l’Allemagne (tu en as parlé avec les Martin ?), et le pays le plus avancé, comme souvent, c’est la Suède. C’est un sacré sujet. Work in progress…

10. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Vouloir imposer à un être humain de renoncer à son aliénation (autrement dit, en langage courant, “vouloir faire le bien de quelqu’un contre son gré”) procède toujours d’une vision totalitaire (inquisition, stalinisme…).

=> VRAI. Mais qui te dit que E.Badinter veut IMPOSER quoi que ce soit ?

11. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

[Le fait de préférer les aliénations mixtes (travail, consommation) à l'aliénation féminine (allaitement...) montre d'ailleurs à quel point le féminisme, tel que le conçoit Elisabeth Badinter, est plus une frustration qu'un humanisme]

=> FAUX. Ca montre juste que c’est un combat. En Allemagne par exemple, l’aliénation maternelle n’est pas choisie, elle est quasiment imposée par le modèle sociétal. Si j’allais au bout de ton ‘idée, on pourrait mettre l’aliénation par l’esclavage sur le même plan que l’aliénation par le travail.

12. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

“Et l’indépendance financière la rend consommatrice, c’est-à-dire aliénée par la publicité.”

Là, tu prends un peu les femmes pour des connes, non ? C’est limite d’être du Soral comme argument. Du genre, les esclaves sont trop cons pour être libres, ils vont tous finir dans des sectes.

13. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

réponse Thierry Klein “Tu prends les femmes pour des connes”… Oui, mais j’aurais très bien pu dire exactement la même phrase au masculin. Pessimiste, mais pas sexiste.
14 février, à 22:45

14. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

réponse Thierry Klein “on pourrait mettre l’aliénation par l’esclavage sur le même plan que l’aliénation par le travail.”
L’aliénation par l’esclavage EST une forme d’aliénation par le travail. Il en existe plein d’autres (servage, capitalisme…).
14 février, à 22:47

15. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

réponse Thierry Klein “Il ne faut jamais devenir dépendante”… On est toujours dépendant(e). S’assumer économiquement, pour une femme, c’est en fait troquer la dépendance à son mari pour la dépendance à son patron (pris au sens neutre et non pas masculin du terme).

Enzo, de toutes façons, tes commentaire sont trop nombreux !!!! Je vais te répondre de façon + organisée.
14 février, à 22:53

16. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Je crois que toute la différence vient de l’aspect relatif des choses. De même que l’aliénation par le travail est moins pire que celle par l’esclavage, que celle par le consumérisme est moins pire que celle des sectes… je pense aussi qu’il est plus facile de changer de travail pour une femme active que de mari pour une femme au foyer de 45 ans avec 3 enfants.

17. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Finalement, je reproche à ton utilisation de “l’aliénation” d’être un de ses mots fourre-tout qui permet de dire que tout est équivalent à tout et donc de tenter de discréditer n’importe quelle analyse.

Il faudrait raisonner en termes d’indicateurs, pour étudier ce qui contribue à l’épanouissement des hommes, des femmes, et des enfants. Parce que c’est surtout au nom des enfants qu’on “impose” aux femmes le retour à la maison. Pour à l’arrivée, parfois, s’entendre dire, comme une copine, par ses gosses “Dis maman, quand est-ce que tu reprends un travail ? On en a marre, nous…”

18. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Enfin là où on est d’accord, c’est sur le fait que rien ne doit être imposé. Que la femme au foyer EST une travailleuse, avec des droits et un statut qui doit être reconnu, et des possibilités de se remettre au travail.

19. Love15 (Enzo) - 22 février 2010

Quant aux couches lavables et à l’écologie, c’est un sujet qui relève plus de l’analyse de l’impact sociétal de l’écologie. La “doctrine écologique” du “zéro impact” remet en cause TOUTES les autres doctrines, pas seulement le féminisme. Par exemple certains sont anti-natalistes, et à ce titre proches de certains points de vue d’EB justement !

On est dans un domaine où, je pense, tout est une question de curseur. Nous sommes de la génération “post-rocardienne”, qui accepte le capitalisme social, donc qui est habituée à raisonner en relatif et en logique chiffrée (d’autant plus qu’on est des matheux). Alors qu’EB me semble être de la génération Sartrienne, celle des philosophes pré-Aroniens, des littéraires qui raisonnent en gentils/méchants, blanc/noir, etc… Plus facile certes, mais stérile, non ?

20. Stibbons - 23 février 2010

C’est quoi ce probleme de diarhée de commentaires à propos de pauvres couches lavable, j’en utilise pour mon fils et ça ne pose pas de soucis.

21. Love15 (Enzo) - 28 février 2010

C’est vrai que si ça se trouve, EB se jette sur le problème des couches lavables parce qu’elle se souvient du cauchemar de celles des années 50, alors que si j’ai bien compris le produit n’a plus rien à voir aujourd’hui.
Il y a quand même des avis négatifs :
http://autourdesmamans34.over-blog.com/article-les-couches-lavables-bon-plan-ou-galere–42594599.html

Soazig donne son avis : “Et pourquoi pas le PQ lavable ?” :-)

Enfin EB a montré les limites de son intérêt pour le sujet, une fois le livre publié… sur France Inter :
EB : “Nous sommes en pleine campagne pour les régionales, et qui parle des crèches, qui ?”
Le journaliste, un peu navré : “C’est un peu normal, les crèches sont du ressort des communes.”

22. Love15 (Enzo) - 28 février 2010

(source pour E.Badinter et France Inter : le Nouvel Obs)

23. Imprégnation et aliénation infantile - 16 avril 2010

[...] sent bien aussi le côté inhumain des thèses d’Elisabeth Badinter, qui, voulant lutter contre l’aliénation maternelle, nie la composante instinctuelle, présente dans un grand nombre d’espèces animales, qui donne [...]