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L’hypothèse Zemmour : l’homme dont le principe est la laideur 26 mai 2009

Par Thierry Klein dans : Critiques, Politique.
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J’aime beaucoup les émissions de Laurent Ruquier, que ce soit à la radio ou à la télé. Je ne loupe jamais les interventions critiques ou politiques d’Eric Zemmour le samedi soir.

La grande qualité de Laurent Ruquier : il s’entoure de gens intéressants et complémentaires dont il ne partage pas forcément les idées (le grand défaut de Ruquier: ses calembours foireux !).

Zemmour déclenche des réactions exacerbées parce qu’il est d’une rare agressivité sur un plateau télé et parce que, très souvent, ses prises de position ou ses remarques sont considérées comme non politiquement correctes – ce n’est pas toujours le cas, j’y reviendrai.

Mais il faut arrêter les contre-vérités sur Zemmour, que je trouve un peu partout en tapant “Zemmour” sur Google. Ce n’est pas un facho, pas un type d’extrême-droite, pas un raciste. Quoi qu’on pense de ses thèses, je ne l’ai jamais vu déraper en plusieurs dizaines d’émissions, ce qui est en fait assez exceptionnel.

Il se veut réactionnaire mais ne l’est en fait pas toujours – il y a beaucoup de Marx, d’idéologie tirée des Lumières dans ses références et beaucoup de développements qui l’écartent de la droite traditionnelle dont pourtant il se réclame – j’y reviendrai aussi.

Zemmour a le mérite de tenter de réfléchir par lui-même et d’exprimer ses idées correctement, ce qui en fait un intellectuel. Quand on les analyse, les thèses qu’il développe n’ont aucune originalité, il ne les a pas découvertes lui-même et qui plus est, il se trompe très souvent.

Tout ceci fait de Zemmour un intellectuel secondaire, ce qui n’a rien d’honteux. Zemmour n’est ni Bourdieu, ni Girard, ni Sartre, ni même Françoise Giroud – je suis sûr qu’il l’admettrait volontiers pour les raisons même que je vais développer dans la suite de ce billet.

Ce qui m’a intéressé, ce ne sont donc pas les thèses de Zemmour elles-mêmes qui sont banales. C’est le pourquoi de ces thèses, leur point commun, ce que j’appelle le principe d’Eric Zemmour.

Et le point commun à toutes les idées de Zemmour, c’est la laideur.

Zemmour – c’est son principal trait psychologique et il est inconscient – est attiré d’abord par les thèses qui lui semblent les plus laides, comme un papillon par la lumière. Comme il est intelligent, il développe par la suite les arguments, parfois brillants, pour les justifier. La plupart d’entre nous fonctionnons de façon opposée : nous choisissons ce qui nous plaît et justifions a posteriori nos choix, dune façon ou d’une autre, en leur donnant une apparence de rationalité.

(Exemple typique : nous « tombons » amoureux d’abord PUIS trouvons de multiples qualités à l’être aimé. Je vous renvoie à votre Roméo et Juliette).

La principale raison structurelle pour laquelle Zemmour choque tant, car ses idées ne sont absolument pas scandaleuses ni même novatrices: ce fonctionnement « à l’envers ». Nous avons tous envie de croire en quelque chose de beau et Zemmour va présenter un raisonnement qui tend à nous faire croire en quelque chose de laid – le but auquel il tend est donc toujours en opposition avec le nôtre. C’est pourquoi Zemmour, même s’il est classé à droite, choque à droite comme à gauche.

C’est aussi la principale raison pour laquelle Zemmour se trompe souvent, car une idée laide n’est pas plus vraie, en moyenne, qu’une idée belle. Toujours croire en la beauté, c’est sans doute de la bêtise. Toujours croire en la laideur nécessite sans doute plus de qualités intellectuelles, mais c’est aussi être victime de son tempérament.

Et là n’est pas le moindre de ses paradoxes : Zemmour, qui ne cesse d’invoquer la victoire de la raison, qui se targue d’une hyper-rationnalité, est en fait de tous les commentateurs celui dont les prises de position sont les plus subjectives. Tous ses beaux raisonnements ne sont que des justifications a posteriori, au sens freudien du terme, d’un trait psychologique qui lui fait choisir d’abord la laideur, contrairement à un homme « normal ».

Pourquoi avoir choisi la laideur ?

On peut faire diverses hypothèses mais très probablement, Zemmour a choisi la laideur parce qu’il est très laid et qu’il en a souffert. A 18 ans, il n’y avait sans doute pas plus romantique, pas plus fleur bleue que Zemmour. Il a dû se prendre quelques claques et les a imputées à son aspect physique. Idée inconsciente : « Pourquoi moi, Eric Zemmour, le plus intelligent, le plus tendre et le plus gentil des hommes suis-je rejeté ? - Parce qu’au fond, il n’y a que la laideur qui compte vraiment. Le rejet que je subis, ce n’est pas vraiment moi, c’est même le contraire de moi. Conclusion : c’est la laideur qui mène le monde et je renonce définitivement à la beauté, que ce soit dans les idées ou pour ma cravate - voir la façon incroyable dont Zemmour est fringué ! ».

(Tu voulais de la bonne psychanalyse sauvage ? Du “Voici” avec un alibi culturel ? Ou bien simplement de la longue de comptoir ? Dans tous les cas, te voilà servi bien au-delà de tes attentes, cher lecteur !).

Un petit syndrome de Stockholm chez Zemmour

Zemmour interroge ses invités avec le ton utilisé par un prof de Sciences-Po pour interroger ses élèves. Problème, les invités (surtout quand il s’agit de Francis Lalanne !), n’ont pas fait Sciences-Po et sont le plus souvent là en promo et pas pour réfléchir (ce qui au fond vaut souvent mieux pour nous) ni pour se faire tancer ! Il en résulte souvent des effets du plus haut comique tellement les attentes du commentateur et de l’invité sont différentes.

C’est ce côté de Zemmour que, personnellement, j’aime le plus. J’avoue que je me régale quand des personnalités inattaquables du politiquement correct et de la pensée unique telles que Francis Huster, Francis Lalanne, qui cachent une grande intolérance sous une apparence d’ouverture, se font dévorer par Zemmour.


Lalanne politique vs Zemmour [itv] Ruquier 250409 Onpc
par peanutsie Lalanne veut une République avec un grand “R” où tout le monde s’exprime, mais au final est bien le seul à parler !

Ce ton révèle probablement une certaine nostalgie pour l’époque où le jeune Zemmour était lui-même insulté par ses professeurs à Sciences-Po. J’appelle ça le syndrome de Stockholm des élites et j’en ai parlé dans un précédent billet, qui, toute modestie mise à part, n’a rien perdu de son intérêt.

Dans ce ton, il y a tout à la fois la volonté qu’a Zemmour, d’être au fond pédagogiquement utile et de magistralement former son interlocuteur et son audience et aussi tous les échecs qu’il ressasse (Il a fait Sciences Po et pas l’ENA, il est commentateur et pas organisateur de l’émission, c’est un intellectuel secondaire et il en a conscience).

Tout ça rend aussi ses interventions face aux politiques extrêmement intéressantes, car Zemmour fonctionne « au niveau » des politiques (choisir la laideur face à un politique est souvent la solution juste - le raisonnement machiavélique, laid par excellence, est l’essence même du raisonnement politique).

Quand Zemmour n’est pas là, l’émission de Ruquier perd tout intérêt politique et on l’a ressenti il y a 15 jours lors de l’interview béni oui-oui et inintéressante de Bayrou : le pâle et fat Naulleau ne remplace pas Zemmour, même si c’est un vrai méchant, lui.

Quelques illustrations

Je vous renvoie aux différents blogs qui rassemblent des interventions en vidéo de Zemmour (parfois hilarantes).

Exemple : les thèses de Zemmour sur le rôle des femmes, dans son livre « Le Premier Sexe ». Zemmour décèle une « féminisation des hommes », ce qui est une idée laide par excellence – laide pour les féministes, laide pour les machos et laide pour les gens qui souhaitent une égalité de traitement entre hommes et femmes.

Bref, la thèse déplaît a priori (c’est « l’effet Zemmour », et ce que, très probablement inconsciemment, il recherche).

Je n’ai aucune opinion sur le fond de la thèse elle-même - vous l’avez compris, ce n’est pas le contenu manifeste qui m’intéresse chez Zemmour mais le contenu latent - mais les arguments invoqués par Zemmour sont, au sens sociologique, pitoyables ou éculés (termes flous, non définis, raisonnements sommaires – tout ça n’a pas plus de valeur que la thèse d’un voyageur qui, visitant l’Ecosse, conclurait que les écossais sont efféminés au prétexte qu’ils portent des jupes). On est dans l’affectif, pas dans le rationnel.


Zemmour chez Ardisson : face à Autain 1/2
par prince_de_conde (Extrait totalement hilarant tellement tout est énorme. Francis Huster, au nom de la tolérance (!), commence son intervention en menaçant physiquement Zemmour, ce dont Zemmour se fout d’abord royalement - non pas qu’il soit spécialement courageux mais il ne “capte” pas la menace, il n’a pas d’antennes pour ça, il est dans sa bulle. Puis, 5 mn plus tard, Huster est plus ou moins calmé lorsque Zemmour le somme de se taire (!) et de se calmer (!). Enfin, Huster, royal et avec force gestes: “Imagines-tu le bonheur d’un père tenant son bébé dans ses bras et lui donnant..;” Zemmour: “le sein ?”; Huster : “Ca va mal se finir !”).

Même chose sur le racisme, Zemmour n’est pas raciste mais il condamne l’angélisme anti-raciste. Au final, ces thèses ne plaisent à personne, ni aux racistes, ni aux anti-racistes.

Etc… A l’infini. C’est toujours la volonté de déplaire qui caractérise - et motive - les prises de position de Zemmour.

Pour un meilleur Zemmour ?

Zemmour est actuellement un personnage Nietzschéen vivant dans le ressentiment, au sens où Girard l’entend. C’est ce qui le rend très prompt à dénoncer, instinctivement, les contradictions de ceux qui sont plus ou moins dans son cas, par exemple les hommes de gauche qui sont à gauche par frustration personnelle et qui ne cherchent en fait qu’à renverser les inégalités pour se retrouver en haut de l’échelle. Ou alors, les contradictions des hommes de gauche au nom d’un idéal chrétien.

Tout ça le rend comique, médiatique et intéressant, mais c’est aussi sa limite.

Zemmour a sans doute une certaine conscience de la nature de sa renonciation. Il parle explicitement chez Ruquier du fait qu’il a renoncé à séduire, à aller en boîte, etc… Le titre de son livre sur Chirac: “L’homme qui ne s’aimait pas”. Autre citation: “je choque les provocateurs professionnels”.

Mais il n’a pas une vue d’ensemble sur lui-même. S’il recherchait l’idée juste au lieu de rechercher l’idée laide, il deviendrait sans doute le meilleur commentateur de son temps.

Camus nous dit qu’il faut imaginer Sisyphe heureux, je dis à Zemmour qu’il peut s’imaginer beau.

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Commentaires»

1. V. M. - 27 mai 2009

Bonsoir Thierry,

Je ne comprenais pas le cynisme de Zemmour défendant le réalisme politique contre les droits de l’homme en Afrique, sa critique aussi du sentimentalisme humanitaire sans voir tout de même tout ce que l’humanitaire apporte réellement…

Puisque tu le regardes souvent, tu dois savoir que lui aussi… a lu Girard ! :-)

Mais il en a retenu surtout la critique du désir mimétique, là, pas de problème, mais aussi la critique de l’actuelle comédie des victimes et pas du tout l’éloge du souci des victimes. Dommage.

Pas le courage d’en dire plus à cette heure-ci. Merci pour ce blog. Merci pour le Capital Altruiste.

Amicalement,

V. M.

2. Abdel - 27 mai 2009

Bonsoir Thierry,
Quoi te dire et comment te dire?! On a assez parlé de ce sujet en retour d’Ifran. Je me rappelle que c’est moi qui t’a ivoquer le sujet de Zemmour et je me rappelle bien aussi que je t’ai posé une seule question par rapport à tout ce que tu as développer par rapport à ce personnage: Comment tu peux faire une analyse si fine et si profonde sur une telle personne? je reste pérsuadé que tu te rappelle, autant que moi, de la réponse.
Je t’ai dis aussi la dérnièrre fois au phonne: J’ai appris beaucoup de ton passage au Maroc. Mille merci
Abdel

3. Froger - 1 juin 2009

On ne se connaît pas

Bonjour
Je vois tout de suite une faille dans votre critique c’est que vous êtes tout bonnement en train de défendre que la seule bonne attitude serait la démagogie, essayer de plaire aux uns ou bien aux autres, ce qui contredit le fait que vous situez Zemmour peu avant dans les intellectuels (ceux qui pensent librement)

Zemmour lui comme vous l’avez donc signalé pense par lui même donc on ne peut pas en même temps lui reprocher de ne pas servir la soupe aux uns et aux autres

De plus dans ce domaine des sciences humaines il n’y a pas toujours des faits vérifiable quantifiables démontrables et souvent il s’agit de simples paroles qui ne valent que pour celui qui y crois comme pour la féminité des écossais en kilt

donc eh bien laissez le croire que la féminisation des hommes est en marche c’est son droit

Moi je n’ai pas trop d’opinion tranchée sur ce sujet mais j’ai constaté suite à une rupture que les hommes des générations actuelles prennent volontiers le parti victimaire du groupe des femmes et ce contre ceux de leur sexe, ce qui me paraît inquiétant, d’autant que les femmes, elles, sont de plus en plus unanimes à prendre le parti de l’une d’entre elle systématiquement au point de ne plus avoir de limites dans l’acceptation des vilenies que d’autres ont pu faire à des hommes

c’est plutôt cela qui m’inquiète qu’une féminisation des hommes
on voit un déséquilibre profond inverse de celui qu’on prétend voir

4. Thierry Klein - 1 juin 2009

@Froger:

Bonjour,

Mon commentaire ne prend en fait aucunement position sur le fond des idées développées par E. Zemmour. Juste une tentative d’explication psychologiques des positions auxquelles il aboutit.

Donc je ne vais pas vous répondre là dessus, ou alors pas dans ce billet.

“La seule bonne attitude, c’est la démagogie”: Je ne vois pas ce qui, dans mon commentaire, peut vous laisser à penser que je défends ça. Je dis simplement que chercher à justifier une idée qui déplait n’est pas plus juste que chercher à justifier une ide qui plaît (en moyenne).

5. orwell - 13 juin 2009

J’aime beaucoup Zemmour, je le trouve de plus très symptatique et j’adorerais discuter avec lui…Je suis une femme est je ne me sens pas attaqué…Souvent d’accord d’ailleurs, je ne supporte pas les feministes style hautain et alonzon toujurs prete à mordre!
De toute ces interventions c’est le seul hmme qui parle honnetement, poliment, clairement…
je vous conseille de regarder l’emission arrêt sur image sur la politique spectacle ou Aphatie est bien en dessous du professionalisme de zemmour.

6. gio - 16 juin 2009

Je me suis aussi penché sur le cas Zemmour et même si je suis en désaccord avec vous sur beaucoup de choses, il y a du vrai dans ce que vous dites. Et du coup je ne qualifierais même pas Zemmour d’intellectuel: ses prises de positions sont en effet globalement guidé par la “mal-pensance” pour s’opposer à la “bien-pensance”…ce qui ne vaut pas mieux (en fait c’est exactement la même chose), et n’a plus aucun rapport avec la recherche de la vérité, mais est très utile pour l’audimat des chaînes de télévision. Il s’agit bien là d’un animateur de télévision.

7. Domi - 2 juillet 2009

Bonjour,

Je découvre avec (grand) retard ce billet.
Juste un petit commentaire pour dire que je l’ai (humblement) trouvé très intéressant et pertinent.

Sans plonger dans les ressort psy de Zemmour, reconnaissons en tout cas qu’il a le don, par ses provocations, de pousser l’autre à se mettre en question. Et friandise, certains “biens-pensants”en sont incapables et pètent les plombs.
Je regrette juste que le public plateau ne s’en rend appartement même pas compte et, comme un beau troupeau, voue le provocateur au pilori, et suit l’interlocuteur-démagogue…

Merci pour vos réflexions.

8. edgar - 5 juillet 2009

Passionnant billet. J’ai le même goût pour Zemmour, tout en n’étant pas convaincu par sa volonté systématique de prendre le contre-pied.

C’est en effet là qu’il s’enferme (moins que Françoise Giroud, vraiment ?).

Je viens de lire le très bon billet sur Centrale (la mémoire de mon respecté grand père centralien et chef d’entreprise vient d’en prendre un coup) ainsi que celui sur la sécu américaine.

j’étais déjà passé par ici je crois mais je sens là que je vais revenir souvent…

9. anne - 25 août 2009

celui qui affirme que zemmour est laid est jaloux et moche car zemmour est plus que beau il est sexy et de jolis yeux verts et une grande gentillesse et un large sourire et c’est mieux qu’un vieux frustré critiqueur qui se défoule derrière son écran

10. Bof - 18 septembre 2009

Anne est mignonne … mais elle devrait s’occuper de sa poupée… Peut-être existe-t-il une “Poupée Zemmour?”

11. anne - 20 septembre 2009

bof est beauf

12. anne - 20 septembre 2009

et toi de tes oignons

13. legrosnul - 16 octobre 2009

j’aime pas zemmour, il tire la tronche toul’temps. Il pourrait pas s’habiller en rose, juste pour voir??

14. lepetitnul - 16 octobre 2009

C’est comme Stendal, il était gros et bouffi ( bref, moche…) et toutes les admiratrices de l’écrivain, bien que trés brillant dans son domaine, étaient littéralement déçues par l’homme de chair…

15. BOF - 13 novembre 2009

Stendhal disait de lui-même : “Je suis une vieille femme hystérique”. Zemmour sélectionne toutes les citations d’écrivains (morts) qui l’aident à faire monter sa sauce et écarte toutes celles qui dérangent.

16. boume - 27 novembre 2009

Au lieu d’accuser la gauche : regardez quels crétins et quels brutes vous nourrissez régulièrement en arguments lourdingues, 100 fois ressassés et ressucés à différents siècles et à différents moments de chaque siècle. M. Zemmour :vous êtes un pitre de la pire espèce : celle qui se prend diablement au sérieux. M. Zemmour, il y a à droite, de vrais républicains. Vous êtes, vous, bonapartiste c’est à dire profondément anti-républicain (Napoléon a foulé aux pieds la constitution). Vous adorez l’opinion publique lorsqu’elle est derrière vous, vous paye et fait de vous une notoriété (multiples blogs de soutien des adeptes et références “croisées”) mais vous la haissez dès qu’elle est contre vous. CE SOIR OU JAMAIS : Mademoiselle-Polony-je-suis d’accord-avec-Éric-Zemmour, votre position est grotesque face à ces individus qui revendiquent leur Absolue et Indiscutable Différence Masculine (il pensent “supériorité” mais n’osent PLUS le dire) en public comme en privé. De ce fait, ils ne vous considèrent pas non plus comme un “individu humaniste assexué” lorsque vous intervenez en public. Vous demeurez à leurs yeux une “femelle” MÊME lorsque vous parlez en public : inutile de vous (et de nous) raconter des foutaises. Voilà la raison de la “blague” que vous a lancée votre adversaire punk – l’allusion à la “main qu’il mettrait ou non dans votre culotte”. Vous voyez : j’ai beau me remuer les méninges, j’ai du mal à imaginer CH. Lagarde balancer ce genre de choses à Mélenchon. Malgré tout, Tristan Edern était amusant et sympathique. Mais sa manière de “torcher” Polony est tout à fait représentative de ce dont personne n’ose plus parler : lorsqu’un homme est face à un adversaire politique coriace, en public, et que cet adversaire est une femme, l’humiliation verbale (je traduis : “si je voulais, j’te baiserais” ou au contraire “je ne voudrais même pas te baiser tellement t’es moche”) arrive très rapidement. C’est une stratégie très courante dans les discussions publiques. Et c’est la raison majeure pour laquelle beaucoup de femmes hésitent à prendre la parole. Ensuite, les EZ et les autres ont beau jeu de leur reprocher leur “psychologisme”. Elles ne peuvent pas s’exercer au débat, puisqu’elles ont beaucoup plus de “chance” que les hommmes de se faire écarter de la manière … la plus “classique”. Ce qui finalement signifie que les hommes font taire les femmes. LE motif a beau être a peur qu’a l’homme d’être humilié devant d’autres hommes (pas vraiment devant les femmes qu’il considère comme baisables ou non, ou comme des mères). Hop : blague salace et on parle entre nous les hommes. Ah j’oubilais les femmes peuvent en toute tranquillité prendre la parole pour applaudir un collègue masculin. Voilà la nature des relations h-f en public. Et Natacha Polony a eu sa démonstration sur le Plateau que quoiqu’elle dise … l’adversaire n’oublie jamais qu’elle est une femelle, même si elle aimerait l’oublier… Et pour conclure le fameux “réflexe” – “j’peux te mettre la main au cul si je veux” – n’est …. curieusement (?)ni de gauche ni de droite.

17. boume - 27 novembre 2009

PARTIE 1 Zemmour le Parachuté Omniprésent du Paf traite de voyou et de terroriste médiatique le réalisateur — parce que celui-ci a eu l’audace d’utiliser son entrevue télévisuelle avec le journaliste suisse … Mais monsieur Zemmour, VOUS êtes le voyou et le terroriste médiatique : car vous insinuez que vous êtes prêt à faire un procès au réalisateur. Cette entrevue, vous l’avez donnée et vous en étiez jusqu’à ce film très fier. Je ne sais combien de micros de chaînes télé et radios se tendent complaisamment vers vous! Vous assenez depuis des mois et des mois les mêmes discours devant vos confrères qui pour la plupart vous cirent les bottes en choeur. La différence, c’est qu’en Suisse, où vous n’êtes pas très connu, le journaliste vous a mis à nu : c’est la raison de votre énervement (grave). Cette entrevue vous a permis d’exposer votre vision de manière claire. Cette vision que vous croyez “originale” ressemble trait pour trait à celle des médecins de la Révolution nationale pétainiste. (Voir Muel-Dreyfus Les femmes et Vichy). Monsieur Zemmour, le 14 novembre (chez Ruquier) vous revendiquez (au nom de Baudelaire – grand poète opiomane – rien – vraiment rien à voir avec un ascensionniste social propre sur lui dans votre genre) le “droit de vous contredire”. le 21 novembre : face à JFrançois Kahn – qui admet porter ses “propres contradictions”, vous vous exclamez : “AH MAIS NON C’EST TROP FACILE!” Monsieur Zemmour : vous accusez les gens qui représentent à vos yeux “la gauche bobo (c’est à dire TOUS vos adversaires) de JUSTIFIER et de FAVORISER la violence des délinquants, sous prétexte qu’ils admettent que le chômage massif dans les banlieues accélère et aggrave les phénomènes de délinquance. Tandis qu’il vous arrange d’attribuer les comportements des délinquants à leurs origines, en raison de votre “agenda” politique. Ce que vous insinuez quotidiennement, c’est, au fond, que tous les banlieusards “d’origine” sont hostiles aux Français et prêts à les tuer. Vous ignorez, parce que cela vous arrange, qu’en Espagne, les gangs latino-américains (héritage chrétien) font des ravages comme dans d’autres pays. Vous accusez les bobos de faciliter la “culture de l’excuse” lorsqu’il s’agit des jeunes banlieusards au chômage (le chômage c’est “de leur faute” mais lorsqu’il s’agit de la violence contre les femmes, vous sortez de votre poche la “culture de l’excuse” (et hop ! Cause UNIQUE de la violence contre les femmes : chômage ou alcoolisme). Votre admission ou votre déni des facteurs sociaux de tel ou tel fléau dépend de l’avantage que en tirez idéologiquement. Au Canada, le réalisateur du film a été menacé de mort : oui, celui-là même que vous traitez de terroriste ! Plusieurs sites (ex. Content d’être un gars – qui appellent à tuer les féministes et glorifient le tueur de 14 étudiantes à la Polytechnique) vous citent abondamment.

18. roger - 15 décembre 2009

La haine de soi comme moteur de son fonctionnement intellectuel est effectivement une hypothèse à retenir Ce que je me demande aussi ,c’est si il n’y a pas une part d’homosexualité refoulé chez lui. Cette manière de faire l’apologie du virilisme, alors qu’il ne dégage absolument pas de sa personne une immense impression de virilité, me paraît un peu suspecte. Zemmour me fait un peu penser au personnage du militaire facho dans le film “american beauty” , cet homme qui se comporte comme un machiste violent parce qu’il n’assume pas son penchant homosexuel. Bon on est dans la psychologie de comptoir , mais je reste convaincu qu’il doit y avoir un petit fond de vérité.

19. Thierry Klein - 15 décembre 2009

Je ne pense pas que Zemmour fasse l’apologie du virilisme - ce serait une idée qui plait à certains.

Il vous répondrait sans doute qu’il ne fait “que” constater “rationnellement” le déclin de la virilité, idée qui déplaît finalement aux hommes comme aux femmes !

20. Julie - 28 octobre 2010

Excellent compte rendu du personnage Zemmour. Le ton est juste, l’analyse exact.

Le physique ingrat de Zemmour, lui rendant toute possibilité romantique avec les femmes impossibles il devint des lors très aigris. Maudissant et haïssent toute l’humanité et les femmes en particulier (tenant celle-ci pour personnellement responsable de son impuissance romantique). Sa laideur oblige, il n’est pas en mesure de participer à ce qu’on appelle le jeux de l’amour il est hors et déjà exclus de toute possibilité de contact réel avec le sexe opposé.

Malheureusement, comme beaucoup de gens au tempérament vindicatif et affliger d’un physique ingrat, il est d’abord rejeté pour sa mocheté, mais au fur et à mesure que son aigreur grandit, il devient con et odieux, il devient en outre la perception que les femmes ont de lui jeune. Des lors, il est rejeté pour être… et bien, un con odieux et moche quoi.

21. PetitLu - 19 mars 2011

Un article ridiculement mauvais, ma parole !
Ne lisant pas de magasine féminins, j’ai rarement eu à lire d’aussi longues analyses psychologiques de comptoir. Me voilà bien puni d’avoir trouvé le titre amusant.
Et quand on a pour idée d’un grand intellectuel Bourdieu, c’est vraiment qu’on a fait trop de sociologie Science Po Grenoble à la mord-moi-le-noeud, et qu’il est temps d’acquérir un peu de culture de manière auto-didacte.

Et c’est un anti-zemmour qui vous écrivait,
Abruti vindicatif, je ne vous salue pas.

22. olivier - 6 mars 2017

@ julie : PAUVRE CONNE!!! tu devrais réfléchir à une chose : on est pas responsable de sa laideur physique. moi aussi je suis moche et j’ai souffert le martyr toute ma vie à cause de cela, à tel point que je songe au suicide. en quoi suis-je responsable de mon visage laid ? j’ai pourtant d’autres qualités, mais les gens me traitent comme si j’étais responsable de ma laideur, et toi tu fais pareil avec zemour. pour parler de cette façon, tu dois être belle, et bien je te souhaite d’être défigurée un jour, et après on verra ce que t’en pensera… non mais vraiment des connes comme çà je pensais pas que çà existe. souvent la beauté est inverse aux qualités de coeur. les seuls gens gentils que j’ai rencontrés étaient pas très beaux, alors que des gens beaux, la plupart n’ont su que s’amuser à m’humilier.