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Subprimes: ce que Bush a fait, ce que Sarkozy va dire, ce qu’il aurait fallu faire 23 septembre 2008

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Bush vient de faire faire le mauvais deal suivant au citoyen américain: il garantit à peu près 5 000 dollars de dettes “subprime” et, en contrepartie, que gagne-t-il ? Rien. L’Etat n’a pas pris de capital dans les organismes qu’il vient de sauver. Pour le citoyen américain, c’est high risk, no return.

Au final, tout ça reste très confortable pour Wall Street. “Never was so much owed by so few to so many“, comme aurait dit Churchill.

Au minimum, l’Etat aurait dû imposer les conditions suivantes :

Sarkozy (jeudi prochain) va aller beaucoup plus loin que Bush, en paroles. Il va attaquer Wall Street, peut-être même personnaliser le débat - ça paye toujours, exiger des réformes financières, une surveillance internationale, demander à ce que les actionnaires donnent une partie du capital des banques, etc…

Mais Sarkozy, c’est bien confortable, n’a aucun pouvoir, ni aucun lien avec la crise en cours. Le principal effet de son intervention sera qu’il gagnera quelques points dans les sondages, puis tout sera oublié.

Surtout Sarkozy, comme Bush, ne voit de crise que financière. Or si le crash est financier, l’origine profonde de la crise est économique.

Le consommateur américain, depuis 30 ans, a dû travailler de plus en plus, puis s’est endetté pour consommer et se loger. La crise des subprimes ne provient pas uniquement d’une titrisation magique, mais de l’endettement, rendu nécessaire pour subsister au fur et à mesure de la mondialisation, du citoyen américain.

Deux raisons principales à cet endettement: la position du travailleur américain dans le rapport de force avec son employeur s’est dégradée (la mondialisation l’a mis en compétition avec la planète entière), alors que l’influence de la publicité (qui génère une propension à consommer) a augmenté.

A très court terme, pour améliorer la position économique des foyers américains, qui supportent la totalité de l’effort actuel, on aurait pu au moins leur permettre de renégocier leur crédit immobilier.

Parce qu’aujourd’hui les banquiers sont sauvés, mais pas les emprunteurs de base à qui on a fourgué des crédits dans des conditions honteuses. Ceux-là restent soumis aux mêmes conditions d’emprunt et les situations dramatiques se multiplient aux USA.

Leur permettre au moins de renégocier les termes de leur emprunt immobilier pour éviter la multiplication des banqueroutes personnelles.

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