jump to navigation

GoodAction, première entreprise altruiste ? 5 avril 2008

Par Thierry Klein dans : Entreprise altruiste.
Lu 4 195 fois | trackback

Je vous ai récemment parlé de GoodAction, une régie publicitaire solidaire qui reverse l’argent généré par les bandeaux à des associations humanitaires. J’ai rencontré Guillaume et Laurent, les fondateurs lors d’une conférence que j’ai donnée sur le Capital Altruiste.

Actuellement, GoodAction est une association, ce qui freine son développement économique. La croissance est forte, l’association a besoin de moyens. Bref, GoodAction cherche à devenir une entreprise, augmenter son capital et il y aune forte chance pour que GoodAction devienne la première entreprise altruiste (et oui, avant celle que je suis en train de créer !)

Pour tous ceux qui s’intéressent au Capital Altruiste, j’ai fait une petite synthèse des différences entre les deux modes d’action: associatif ou entreprise altruiste.


Associatif

Capital Altruiste

Forme juridique

Association

Société privée (typiquement, SAS)

Vitesse de développement

Limitée, basée sur le bénévolat uniquement

Accélérée car l’entreprise peut faire appel à du capital extérieur

Champ d’action

Plutôt local

Global

Mode de rétribution des ONG

Pourcentage du chiffre d’affaires (aujourd’hui, GoodAction reverse 100% de son revenu)

Pourcentage de capital (l’ONG à qui on donne détient une partie du capital de l’entreprise Altruiste).


Ceci n’exclut pas qu’un pourcentage du chiffre d’affaires soit aussi reversé à l’ONG, mais il restera toujours plus faible (en pourcentage) que si GoodAction était resté une association (en revanche, le chiffre d’affaires sera lui beaucoup plus important).

Valeur du don à l’ONG au bout de 3 ans

20 000 à 240 000 €

3 à 7 millions d’euros

Je vous fais une petite simulation. Si GoodAction reste sous forme associative, elle fera au mieux 300 000 euros de chiffre d’affaires dans 3 ans, et reversera environ 80% aux ONG partenaires, soit 240 000 € par an (hypothèse très optimiste). Pas mal !

Mais si GoodAction devient une société Altruiste, elle va lever 500 000 € de capital et donner 30% de sa structure aux ONG partenaires (on aura donc 45% pour les fondateurs, 25% pour les apporteurs de fonds, 30% pour les ONG). Dans 3 ans, GoodAction fera au moins 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 10 ou 20% étant reversé aux ONG, soit 500 000 à 1000 000 €. Encore mieux ! Mais la différence principale n’est pas là.

Avec un tel chiffre d’affaires, la valorisation financière de GoodAction sera de 10 à 20 millions d’euros. Les ONG partenaires détiennent donc, en capital, 3 à 6 millions d’euros (ce capital n’est pas forcément liquide, mais les ONG peuvent s’en servir comme garantie d’emprunt… Elles peuvent facilement, en allant voir une banque solidaire, emprunter 30 à 60% de la valeur pour financer des projets humanitaires).

Bref, d’un côté 240 000 € / an pour le monde altruiste (au mieux, et pour y arriver, les fondateurs devront probablement ramer, sans se payer, pendant 1 ou 2 ans). Ou 3 à 7 millions de l’autre, grâce à l’effet de levier apporté par la participation en Capital.

D’un côté, on se fait plaisir, on vivote ou peut-être, on galère. De l’autre, on change le monde.

Pour moi, il n’y a pas photo.

Billets associés :

Commentaires»

1. mathis - 23 septembre 2009

le modèle de société à capital altruiste ressemble beaucoup au LC3 des sociétés aux USA, je crois toujours que c’est ce type d’entreprise qui seront le futur du social. Une association capable de bénéficier ses projets du social sera à mon avis plus sûre de ses principes et respectera toujours le principe sa mission en étant soumis aux facteurs du financement extérieurs. Enfin je souhaite bonne chance pour GoodAction et merci pour l’article riche en chiffres.

2. Eric - Index Assurance - 21 octobre 2009

J’espère que les fondateurs garderont toujours à l’esprit le but premier de leur société et ne verseront pas dans les abus que l’on n’a pu voir ailleurs.
En tout cas, l’idée est belle et j’avais un emplacement de dispo sur ma page d’accueil, je crois que je vais me laisser tenter…