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Le connard et la salope 29 juin 2007

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Haro général sur Devedjian, qui a eu la brillante idée de traiter Comparini de salope.

Seul Jacques Attali déplore, dans son blog, que “nous vivions sous le règne de la transparence absolue” - mais il ne faut rien exagérer quand même, regardez bien les images, la caméra est à 1 m maximum de Devedjian… Si le cameraman avance encore, il lui crève un oeil.

Jacques Attali remarque en outre que Devedjian a le droit de penser ce qu’il veut de qui il veut… J’aurais bien aimé qu’il affiche la même tolérance vis-à-vis de Raymond Barre.

Ensuite, il y a un festival de déclarations hypocrites ou humoristiques, c’est selon.

D’abord Devedjian a pondu un communiqué disant qu’il “regrettait ses propos” - ce qu’on veut bien croire vu le bordel que ça a déclenché. Mais il est loin de les avoir démentis. Au contraire, il a ajouté qu’il n’était pas machiste, car il aurait “employé le même terme s’il s’était agi d’un homme” ! Autrement dit, il s’est défendu sur la forme plus que sur le fond.

Ensuite Sarkozy a réagi de façon (évidemment) admirable, en déclarant que ce n’était “pas une façon de parler aux femmes, ni à qui que ce soit d’autre !”. Rachida Dati est aussi brillamment montée au créneau: “Il est intolérable qu’on puisse qualifier ainsi une femme”. Tous deux ont évidemment enfoncé les boules Quies bien au fond des oreilles, jusqu’au cerveau, quand on leur a demandé si Devedjian devait éventuellement subir des sanctions: ils n’ont pas répondu.

Fillion est lui aussi resté sur la forme: “il ne faut pas insulter les gens, et encore moins les élus” (notez le déplacement de “femmes” vers “élus”, ce qui évite de parler du vrai problème et atténue la supposée faute de Devedjian, d’autant plus qu’évidemment, sil y a des gens qu’en France on insulte assez souvent, ce sont bien les élus).

De même pour Roselyne Bachelot, qui juge l’expression “inqualifiable, d’autant plus que cela s’adresse à un adversaire politique”.

(Autrement dit, s’il avait traité de salope sa meilleure amie, ce qui a quand même peu de chances d’arriver, cela aurait été plus tolérable ?).

Les deux seuls grands principes qui tiennent derière tout ce battage médiatique:

- le sexisme: si Devedjian avait traité Montebourg de “connard”, il ne se serait absolument rien passé. Les sexistes, ce sont ceux qui s’en prennent à Devedjian sous prétexte qu’il a insulté une femme.

- l’hypocrisie: si la scène n’avait pas été filmée, ce qui la rend irréfutable, il ne se serait rien passé. On peut lire toutes les semaines ce genre de choses dans le Canard Enchaîné, et ça ne gêne personne, d’abord parce que ’salope” est une expression très employée, ensuite parce que tant que ce n’est pas enregistré, ça peut être démenti.

Quand je vois ça, j’ai tendance à trouver, contrairement à Jacques Attali, que la transparence a des côtés assez sympathiques.

Hypocrites aussi les excuses de Devedjian, les condamnations venant de son bord et évidemment les demandes d’excuses publiques de Comparini.

Même l’expression initiale de “salope” dans la bouche de Devedjian n’est pas dénuée d’hypocrisie. Devedjian s’adresse à un député qu’il rencontre pour la première fois de sa vie et dont on lui précise qu’il vient de battre Comparini… Il ressent le besoin de plaire à son interlocuteur, de s’en faire un super pote - réflexe bien politique - et donc glisse le fameux “Cette salope !”, censé créer une connivence de mâle. Plutôt que l’insulte machiste, il y a surtout chez Devedjian la volonté presque pathétique de paraître sympathique.

Au fond, Devedjian est sans doute l’archétype de ce qu’on appelle communément un gros con.

Quand même, au final, elle aura bien niqué le connard, la salope !

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Commentaires»

1. OLIVIER DE BOURLAS IRINA & DAN ² - 18 septembre 2009

NO COMMENT !
PAS D’ACCORD AVEC CE TITRE INJURIEUX JE NE PRONONCE PAS DE GROS MOTS : TROP VULGAIRES