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De Marie-Ségolène à Marianne-Ségolène 27 mars 2007

Par Thierry Klein dans : Politique.
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La France Présidente : c’est le nouveau slogan de Ségolène Royal (il paraît, et je veux bien le croire, qu’elle a trouvé ça toute seule).

Le slogan lui-même est paradoxal. D’un côté, le culte du Chef : « la France Présidente » remplace évidemment « Ségolène Présidente » (qui, hurlé tel quel, aurait un côté un peu trop « stade de foot », Ma Chère). Mais en même temps, refus de tout culte du Chef puisque ce slogan reprend différents thèmes de campagne sur ce qu’on appelle, sans trop savoir ce que ça veut dire, le pouvoir participatif (« Avec moi, la politique ne se fera plus jamais sans vous » ou « Mon équipe de campagne, c’est vous » ou encore, les jurys citoyens).

Sur le refus du culte du chef, je vous ramène à Tocqueville (1) :

« A mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un certain homme ou une certaine classe diminue. La disposition à croire la masse augmente, et c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde…Dans les temps d’égalité, les hommes n’ont plus foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude, mais cette même similitude leur donne une confiance presqu’illimitée dans le jugement du public, car il ne leur paraît pas vraisemblable qu’ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre… ce qui entraîne une immense pression de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun.»

Cette “immense pression collective” dont parle Tocqueville, c’est une forme de panique. (Définition de la panique : les individus se guident, en masse, sur des traits émergents – par exemple la direction générale de la fuite ou dans le cas présent le jugement du public. C’est aussi ce qui se passe lors d’un krach boursier, où tout le monde vend parce que tout le monde vend, sans autre raison valable).

Avec de Gaulle, c’était « Moi ou le chaos », mais de nos jours, ça ratisse tellement large qu’avec Ségolène Royal, c’est “Moi ET le chaos”.

(1) De la démocratie en Amérique.

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