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De l’importance des poires 30 octobre 2006

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Il y a un roman de Kundera, je crois que c’est "Le livre du Rire et de l’Oubli" où la mère du héros, au moment de l’invasion de Prague par les chars russes s’inquiète parce que du coup personne n’est disponible pour cueillir les poires du jardin. Evidemment, aux yeux de tous, la cueillette des poires du jardin paraît une activité bien futile au regard de l’Histoire en marche. Pourtant, le héros, Karel, quelque temps après, sympathise avec le point de vue sa mère et adhère même à son point de vue: la poire est éternelle et le tank est périssable. Ce que le héros veut dire, je pense, c’est que si un jour la poire ne revenait plus, les effets seraient infiniment plus dévastateurs que la présence ou que la disparition du tank.

Kundera prend aussi l’exemple du merle, qui a abandonné son habitat forestier pour suivre l’homme dans les villes. Evidemment, les historiens "sérieux" n’interprèteront pas l’histoire des derniers siècles comme celle de l’évolution de l’habitat du merle - il y a eu deux guerres mondiales, le nucléaire, le proche-orient, etc… - mais au regard de la planète, l’évolution des habitudes du merle est plus importante que les péripéties historiques de l’histoire humaine.

 

L’histoire du temps présent, c’est que de plus en plus de personnes sont en train d’adopter le point de vue de la mère du héros de Kundera parce qu’au fur et à mesure que l’éternel retour de la poire se fait de plus en plus douteux, ces sujets dit "futiles" passent au premier plan. Il y a encore 20 ans, seuls les doux dingues, les écolos et quelques gauchistes faisaient passer ces considérations "écologiques" au premier plan. Et encore n’avaient-ils le plus souvent que des justifications très affectives ou personnelles comme la mère de Karel.

Mais maintenant que la survie de la planète, des espèces et de l’homme est devenue douteuse, tous les critères "classiques" au sens historique du terme (c’est à dire qui mettent l’homme au centre) sont devenus obsolètes et ceux qui ne le comprennent pas (ou qui ne l’interprètent que comme un mouvement d’opinion dont il faut tirer parti comme le font la plupart de nos politiques) vivent dans le passé.

Et je vous cite à nouveau Romain Gary (dans L’Affaire Homme, c’est bien de ça qu’on parle), parce qu’on ne saurait mieux dire :

"Il est absurde d’encombrer nos musées d’oeuvres d’art et de dépenser par millions pour la beauté, puis de la laisser détruire gratuitement, dans toute sa splendeur vivante."

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Commentaires»

1. joseph - 3 novembre 2006

c’est vaseux quand même parce que si l’action politique se résume à aller aider la maman à chercher les fruits du jardin en économisant sur l’argent qu’on met dans les musées on ira pas loin avec de très beau sentiments.

2. Julien - 6 novembre 2006

Je trouve votre blog vraiment bien structuré et agencé! Vous abordez beaucoup de sujets! Quels âge avez-vous?
Je n’ai malheureusemnt pas le temps de réaliser mon propre blog!
/Julien

3. Thierry Klein - 6 novembre 2006

Merci, Julien. J’essaie vraiment de bien faire les choses, ce qui n’est pas toujours facile car je n’ai que 7 ans (Je parle d’âge mental).

4. Is Alive - 9 février 2009

Pour être le premier de 2009.

Thierrey KLEIN n’est pas écrivain.
En revanche, Thierry KLEIN est le nouveau SEGUELA.

Vive Thierry KLEIN, vive le marketing virale.
On t’adore Thierry KLEIN.