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Pour un scrutin présidentiel à (au moins) 3 tours 17 mai 2006

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Très intéressant France Europe Express hier soir avec Marie-France Garaud, évidemment bien au-dessus de tous les autres - et qui s’en rend tellement compte qu’elle ne prendrait même pas la présente phrase comme un compliment, mais comme une évidence… (1)

Il y avait aussi Besancenot, le meilleur politique du plateau après MFG, mais je suis tellement loin de lui que j’ai du mal à m’y intéresser, Bayrou, assez bon en contre, mais toujours aussi empoté dès qu’il doit s’exprimer seul plus d’une minute. Les autres… Disons par charité qu’ils n’existaient pas. Ah si, un député britannique en duplex dont je suis sûr qu’on entendra parler - mais je ne me souviens plus de son nom.


Je cite de mémoire quelques phrases de MFG:

“En 1976, j’ai conseillé à Chirac de démissionner du poste de Premier Ministre parce qu’il ne l’était pas !”

“Aujourd’hui, il n’est d’ailleurs pas plus Président !” (ce en quoi elle a parfaitement raison).

“La corruption commence avec les “deux-tons” (gyrophares) et les vitres fumées sur les voitures des ministres”

“Mitterrand a entamé un processus de destruction de la Vème république par malice, Chirac l’a poursuivi par inadvertance”

(Je ne suis pas sûr qu’elle ait raison là-dessus. MFG parle de la première cohabitation comme d’une volonté malicieuse de destruction de la Vème, mais elle a le défaut d’être presque trop intelligente pour ne pas voir partout des intentions. A mon avis, Mitterrand s’est assez bien fondu dans les institutions de la Vème et la cohabitation a été avant tout subie par lui de façon opportuniste comme la seule façon de garder un bout de pouvoir et de “laisser le temps au temps”. La moule ne fait pas forcément preuve de malice lorsqu’elle s’accroche à son rocher.)

MFG a rappelé que la Vème avait été créée pour que la France soit gouvernée et non pas soumise en permanence au régime des partis.

En ce sens, aujourd’hui, nous ne sommes plus vraiment dans la Vème république et je le déplore: à mon avis, il faut PLUS de Vème et pas MOINS de Vème. Pour tous (sauf Bayrou), une des raisons de la crise actuelle est que Chirac n’a pas été légitimé par son élection en 2002 et donc ne peut pas vraiment gouverner. Si vraiment c’est le cas, il y aurait des moyens très simples de remédier à ce genre de problème. L’idée de la Vème est que le vote final permet de départager les 2 grands courants du pays, ce qui n’a évidemment pas été le cas en 2002.

La cause en incombe à une multitude de petits candidats et de petits partis qui faussent le scrutin et qui sont un manifestation moderne du régime des partis que la Vème république combat.

Ma suggestion, c’est simplement dans ce cas de figure d’organiser un tour supplémentaire, de façon à ce que les candidats majeurs se retrouvent au dernier tour. On pourrait énoncer une règle comme celle-ci :

“au cas où, au soir du premier tour, l’addition des voix des 2 meilleurs candidats ne dépasse pas 50% des suffrages exprimés - et donc la représentativité des 2 gagnants est trop faible-, un tour supplémentaire est organisé qui comprend le(s) candidat(s) qui suivent, en fonction de leur classement, de façon à ce que plus de 50% des suffrages exprimés soient représentés. ENSUITE et DANS CE CAS UNIQUEMENT, les 2 vainqueurs de ce tour supplémentaire seront opposés dans un ultime troisième tour”.

La conséquence immédiate de ça, c’est que la multitude des “petits candidats” perd de l’influence car elle n’est pas présente au tour supplémentaire. Faites les comptes, à toutes les époques, vous auriez eu des scrutins plus démocratiques. En 88, Barre aurait fait partie de ce tour, avec Mitterrand et Chirac. En 1995, Balladur aurait aussi fait partie de ce tour intermédiaire.

Et évidemment, en 2002, on aurait eu Chirac, Le Pen et Jospin (tour intermédiaire). Puis Chirac et Jospin au dernier tour.

(Sur un plan purement théorique, le scrutin le plus juste, c’est en effet celui qui, à chaque tour, élimine un et un seul candidat, style “CIO“. Ainsi, les “petits” candidats ne peuvent pas éliminer les “meilleurs” de façon anti-démocratique. Mais on ne peut pas envisager un scrutin à 15 tours en France (dommage, en un sens, ce serait assez spectaculaire !)

Qu’en pensez-vous ?

(1) Attitude assez courante chez les politiques, en fait, mais ce qui différencie MFG c’est que les autres sont visiblement d’accord !

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Commentaires»

1. Olivier - 17 mai 2006

le même probleme pourrait aussi être réglé dans l’autre sens : on ne fait qu’un tour. Ca permettrait au gens de voter directement pour leur candidat préféré.
Ou alors un deuxieme tour avec 3 candidats ?

2. Thierry Klein - 18 mai 2006

Non, parce qu’avec un tour, il peut paser un candidat dont 20% des gens veulent mais dont 80% des gens ne veulent absolument pas. Idem avec 3 candidats.

3. Tonio - 18 mai 2006

Cette page sur Wikipedia est un bon point de départ pour comparer différents systèmes de votes. Sont particulièrement intéressantes les méthodes de vote par classement ou par pondération.

fr.wikipedia.org/wiki/Sys… de vote

4. Tonio - 18 mai 2006

oups, je m’a trompé dans le lien:

fr.wikipedia.org/wiki/Sys…

5. Thierry Klein - 18 mai 2006

C’est intéressant. Je vois ça dans les inconvénients du scrutin à 2 tours et c’est exactement ce que je cherche dans un éventuel “troisième” tour: “L’élimination de candidats entre le premier et le second tour peut conduire aussi à l’élimination d’un candidat qui aurait pu recueillir un meilleur consensus. En particulier, lorsque le nombre de candidats au premier tour est très important, le vote des électeurs se dilue alors très fortement. Un dicton français dit qu’« au premier tour on choisit, au deuxième on élimine », mais il ne faut pas sous-estimer alors le risque de ne retrouver au deuxième tour que des personnes que l’on aurait toutes éliminées.”

Avec en plus, le fait que l’élection au tour 3 serait “forcément” légitime.

6. jid - 19 mai 2006

J’aime beaucoup cette idée : plus simple à mettre en oeuvre qu’un 1er tour à plusieurs votes.

7. jean - 8 décembre 2006

Je me souviens de l’élection de M Coti dans les années 50: onze tours pour enfin décider de prendre un bon vieux "papi" bien mou, qui d’ailleurs ne finira pas son mandat et fera venir De Gaulle.
Alors deux trois quatre,un seul suffirait et empêcherai toutes ces magouille malpropre des accords pour le deuxième..
En trente neuf déjà les socialistes avaient été incapable de choisir, ils ont été cherché Pétain…..