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La société de l’intelligence 13 octobre 2005

Par Thierry Klein dans : General.
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La tarte à la crème dont raffolent aujourd’hui nos politiques, c’est que la compétitivité naîtra de l’intelligence. Autrement dit, c’est en étant plus intelligents que les autres que nous nous en sortirons en tant que pays.

C’est un argument raciste et erroné. Il présuppose que les pays du tiers-monde ne sauront pas "inventer" comme les pays occidentaux. Il sous entend, en gros, c’est que nous pourrons faire faire le "bas-oeuvre" dans le tiers-monde mais qu’en étant "plus intelligents", nous pourrions en retirer la valeur ajoutée, créer des emplois, conserver notre niveau de richesse, etc…

Si nous allons vraiment vers une société de l’intelligence, notre déclin sera durable. La seule façon de l’empêcher est de créer des "avantages économiques" rigides et pérennes (en vrac, le luxe, Airbus, le nucléaire…), c’est à dire en fait des injustices qui durent, qui nous protègent durablement de la concurrence étrangère.

Pour les américains, le problème n’est pas le même. Une société de libre-échange maintient leur avantage compétitif car ils disposent d’un quasi-monopole sur le plan financier. Quel que soit l’endroit dans le monde où se crée la valeur ajoutée, l’Amérique peut l’acheter et l’intégrer à son développement (exemple récent : Skype acheté par eBay).

En ce sens, les américains qui prônent la mondialisation vont dans le sens de leur intérêt national, mais pas les français. Le libéralisme, c’est du patriotisme économique qui ne dit pas son nom.

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Commentaires»

1. Zelong - 14 octobre 2005

Ouch! Je n’avais jamais vu celà comme ça, votre façon de voir les choses offre une alternative aux discours "bien pensant" et en tout cas peux modifié le débat sur la mondialisation.