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A Lille 3, les moyens d’enseignement ne s’usent que si l’on s’en sert 3 octobre 2005

Par Thierry Klein dans : High-Tech dans le Nord.
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Merci encore à Vincent de m’avoir invité pour la conférence Blog En Nord à l’Université Lille 3. Je blogge un peu tard sur cette conférence parce que je suis devenu papa le lendemain (mais vous trouverez des comptes rendus ou ).

J’ai été complètement sidéré par l’accueil de l’Université.

Il était prévu d’utiliser Speechi Light pour diffuser en direct les conférences. Je suis donc arrivé environ 2h à l’avance pour pouvoir installer ma machine, les micros, voir s’il y avait de la place pour le tableau blanc, etc… Bref toutes les petites choses que vous devez faire quand vous êtes responsable de la diffusion d’un programme. Surprise désagréable à mon arrivée. Non seulement l’amphi (superbe) où a lieu la conférence est fermé, mais en plus, la “sécurité” fait vertement comprendre à Laurent Delcroix qu’elle en a marre de se déplacer et qu’elle n’est pas là pour ça. (En gros, je reproduis leur langage). Résultat, il faut environ 45 mn pour pénétrer 2 fois dans l’amphi et le cerbère prévient qu’il n’ouvrira plus dorénavant. Il n’a de plus “rien à faire” (je cite toujours) du fait que nous ayons quand même besoin de 20 mn pour aller déjeuner.

Nous revenons à 13h30, arrivons quand même à rentrer dans l’amphi et là, surprise, la connection Internet ne fonctionne pas.

Le responsable son a l’air vaguement inquiet lorsqu’il m’emmène dans l’antre du service informatique. Là se tiennent 3 personnes qui visiblement n’ont pas l’air de glander grand chose. Le Chargé De La Connexion prend un air embêté et me dit qu’il lui paraît aberrant que je vienne le voir à 13h30 pour une réunion qui a lieu à 14h. Ensuite il me prévient qu’il a un rendez-vous dans 15 mn et que donc il peut être difficile techniquement de connecter ma machine dans le temps imparti (visiblement le genre de gars qui se met en veille le matin lorsqu’il a quelque chose à faire dans l’après-midi).

Je lui fais remarquer qu’il ne s’agit somme toute que d’entrer une adresse IP et là il m’explique que ce n’est pas aussi simple compte tenu des centaines de machines, du “réseau brassé” et des contraintes de sécurité qui régissent le tout. (bon, les contraintes de sécurité ne l’empêchent pas d’accéder à des forums un peu louches ni d’écouter le mp3 avec Winamp - je vois tout ça sur son écran pendant qu’il me parle). Devant mon air un peu dubitatif et lorsqu’il apprend du responsable audio que la demande émane du “SG” (Secrétariat Général), il appelle son chef et là visiblement obtient une réponse négative puisqu’en raccrochant, il m’affirme que (raisons techniques mises à part), son chef lui “coupe un bras” s’il me donne l’adresse IP (ce qui évidemment, me dis-je, n’est pas une bonne solution puisque ça l’empêcherait par la suite de jouer sur son PC).

Pas possible donc d’utiliser Speechi Live (on a ENCORE besoin d ‘une connection, tout ne marche pas par la puissance de la pensée, désolé)

Donc au final à Lille 3, la sécurité se permet d’engueuler les professeurs, les informaticiens réseau se permettent de bousiller des conférences et le travail d’intervenants extéreurs sans raison technique valable…et en plus ils s’y mettent à 4 pour ça, visiblement.

Je discute un peu avec des étudiants pendant les conférences et ils sont étonnés que la conférence ait lieu dans “le grand amphi” qui d’habitude, disent-ils, est réservé aux prestations du Président…Donc il n’est pas habituel, me disent-ils, d’enseigner ou de tenir des conférences dans le grand amphi !

J’interviens dans pas mal de grandes écoles et/ou universités et je n’ai jamais vu ça. Il se trouve que j’avais rencontré Vincent quelques semaines plus tôt à Lille 3 et j’avais aussi été surpris des énormes files d’attente pour l’inscription - à l’heure ou 95% des démarches peuvent se faire par Internet… Je m’en ouvre à des étudiants et ils ont l’air totalement habitués, voire résignés…

Le problème, à Lille 3, c’est que l’étudiant n’est visiblement pas au centre des préoccupations de grand monde. Il y a l’air d’y avoir une organisation pyramidale (je n’ose dire dictatoriale) avec, au sommet, le fameux “SG”. Ensuite, du moment que les différents employés de l’Université répondent à la demande du Secrétariat Général, ils se foutent des professeurs et des élèves.

C’est une administration qui sert l’étudiant au sens communiste du terme (je veux dire, au sens où les administrations des pays communistes utilisaient le mot “peuple” pour ne pas le servir).

En deux visites à l’Université, j’ai pu voir un très bel amphi inutilisé et plein de personnel inutile qui coûte sûrement très cher… Ils sont 3 à se balader toujours ensemble à la sécurité et 4 à l’informatique réseau, ce qui fait un peu beaucoup pour ne pas ouvrir les amphis et pour ne pas brancher les PC.

Je ne pense donc pas que comme on le dit souvent, la situation soit une question de moyens. Plutôt de volonté et d’attitude. Ca peut paraître vieux jeu, mais dans les universités qui fonctionnent, l’administration est au service des professeurs et des étudiants - et pas l’inverse.

Enfin, j’ai été surpris de constater que les étudiants ne connaissent pas le nom du Président de leur Université et n’envisagent visiblement même pas de lui en parler… Lorsque j’étais à Stanford, non seulement je connaissais le nom du Doyen, mais je pouvais aller le voir si je le souhaitais - ce qui n’a pas empêché Condoleeza Rice de devenir Ministre des Affaires Etrangères. Il serait sans doute bon qu’à Lille 3, comme dans beaucoup d’autres universités françaises, l’exemple vînt d’en haut.

Je précise que ce billet est écrit à mon entière initiative et sans l’accord ni la participation d’aucun des organisateurs de la Conférence Blog En Nord que j’ai rencontrés, ceci afin qu’on n’aille pas leur chercher des poux dans la tête.

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Commentaires»

1. M.V.R - 28 février 2006

Bonjour!

Je suis étudiante à Lille 3 et je ne suis pas surprise par votre témoignage. J’ai déjà fait mes études dans d’autres universités, où tout se passait bien. Hélas je ne peux pas en dire autant de Lille 3. La liste de toutes les incohérences administratives comme pédagogiques y est longue à énumérer, je n’aurais ni la place, ni le temps de le faire ici.
Depuis le premier jour où je suis inscrite, tout va mal, et les problèmes administratifs ont été pour moi la cause de plus de stress que les examens, et ont même eu pour conséquence de me faire perdre une année universitaire (ça fait toujours plaisir).
Rien n’est stable, les cours sont mal organisés, les programmes changent ou sont supprimés en cours d’année.
Les bureaux administratifs vous envoient systématiquement dans un autre service, où là soi-disant ils peuvent s’occuper de votre cas. Au moment de l’inscription, il faut souvent attendre plusieurs heures pour être reçu dans les bureaux, tellement il y a de monde qui a des problèmes. A côté, les deux fois quatre heures de file d’attente pour pouvoir s’inscrire ne sont rien.
Souvent les problèmes sont si grands et l’administration si bloquée, que le personnel les résout par voie non officielle, voire en trichant, ce qui ne fait que renforcer les problèmes par la suite : inscriptions illégales, notes pour dire d’avoir une note, parce que les examens n’ont pas pu être organisés… et autre scandales du même type.
Bien souvent les mois de juillet et septembre sont consacrés à la résolution de divers problèmes administratifs.

Au niveau pédagogique, même topo : ce ne sont que magouilles et bricolages, qui ne concernent absolument pas les interêts des étudiants. On voit même des professeurs donner des cours magistraux dans des matières qui ne sont pas les leurs, simplement parce que ça arrange la section.
Les professeurs semblent tout autant à plaindre que les étudiants. Certains, parait-il, n’arrivent même pas à se faire payer. La plupart veulent trouver une autre université, et s’ils restent là, c’est souvent parce qu’ils ne trouvent rien d’autre: nous n’avons donc pas les professeurs les plus réputés, du moins dans la section où je suis.

Le président de l’université, et ses sbires, sont absolument inaccessibles, personne ne sait comment les joindre, ni si on peut les joindre. D’ailleurs, je ne sais même pas comment l’administration fonctionne tout là-haut, j’ai le sentiment que ce sont pour nous, étudiants, et enseignants, des sphères inaccessibles. En fait, c’est déjà à peine si on ose parfois déranger le directeur d’ufr. Et même les représentants étudiants n’ont pas beaucoup le droit à la parole. Les réunions d’ufr ne sont que des simulacres de réunion, qui ne servent qu’à valider officiellement des décisions prises pendant une autre réunion, privée, pas officielle du tout, et où les gêneurs ne sont pas invités (donc pas d’étudiants non plus). Donc, pas de discussions possibles, pas moyen de donner son avis, ni même bien souvent, de comprendre ce qui se passe. Les coups bas sont nombreux mais se font par derrière : il ne faut pas trop se faire mal voir si on tient à ses intérets personnels. Car à Lille 3, se sont les seuls qui comptent.

Dans cette atmosphère, l’étudiant ne compte pas.

C’est dans ces conditions que les étudiants essayent d’étudier, et d’obtenir malgré tout un bon diplôme…

M.V.R.

2. Najla - 9 octobre 2008

Je suis une ancienne étudiante de Lille 3 et je m’y trouve actuellement comme étudiante de l’éxtérieure. et bien je peux vous dire que je suis surprise de la négligence vis à vis des étudiants venants d’autres universités, ils n’ont le droit prseque à rien s’il ne sont pas inscrit à 29 Euros la carte, même pas de travailler dans la salle informatique, ils n’ont meme pas prévu une connexion WIFI pour les éxtérieurs ou visiteurs. ils m’ont envoyé balader toute la journée, ensuite m’ont envoyé dans une salle d’informatique au fin fond de la fac au 4ème étage. je peux dire que c’est tranquille mais qu’est ce qu’on galère pour pouvoir étudier à Lille3 quand on est un étudiant extérieur.

3. Sylvain - 2 février 2009

Tout celà est vrai et n’a pas tellement évolué. La situation des étudiants extérieur est véridique et en plus, elle est vrai à chaque fois qu’un extérieur même chercheur vient. Il faut faire une demande de compte invité. S’il n’est pas installé dans une salle couverte par le faible wifi, il faut choisir une prise réseaux à condamner pour lui (personne d’autre ne pourras s’y connecter). Il faut entamer les démarches 15j à l’avance pour être sur que le jour J, quelqu’un pourra venir configurer l’ordi de l’invité. De plus le compte est très limité (comme le wifi). On ne peut même pas se connecter en pop3 pour relever son mail extérieur (ni intérieur d’ailleurs) !!! super pratique.

Le CRI (centre de ressource info) est débordé, en sous effectif et s’affecte lui même des missions dont il n’a pas l’obligation (du style installer/ réinstaller toute machine achetée par la fac… ca fait du boulot). De plus ils se sentent obligé de défaire les install d’origine pour mettre leur version “tunée” de XP (pas de vista lille 3 interdit !!!). bilan plein de choses ne marche pas car ils ont désactiver plein de truc (et même si on a le privilège d’avoir un compte admin).