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Google : la fin du début ? / Google : the end of the beginning ? 22 août 2005

Par Thierry Klein dans : Google.
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L’enthousiasme de Geek qui anime la planète entière, moi le premier, à propos des innovations de Google fait qu’on oublie souvent l’essentiel:hormis le moteur de recherche et ses applications publicitaires, Google ne mène pas au bout ses initiatives au sens « business » du terme.

The Geek part of us diminishes our natural critical sense about Google’s numerous innovations, but the fact is that Google has not shown business performance in projects not directly related to its core search engine competency.

Jetez un coup d’oeil à l’ensemble des services Google actuels. Si vous enlevez les services directement liés aux moteurs et bien vous n’avez que des services de « second ordre » (prenez « second ordre » au sens business du terme car en tant qu’utilisateur, je suis comme vous, je trouve ces fonctionnalités géniales). Par second ordre, je veux dire soit que le potentiel du service est limité (Google Answers), soit que Google ne se retrouve pas en position de leader (exemple : L’outil de blog Blogger (la faute à Loïc ?), Le comparateur d’achat Froogle…).

A côté de tout ceci viennent des business encore « flous », dont on ignore le potentiel exact (Google Maps, Google Print).

Mais reconnaissez que les business plans sont horriblement complexes pour l’un comme pour l’autre. Google Maps nécessite des accords avec des opérateurs et peut être même de devenir un opérateur alternatif (on parle du maillage du continent en WIFI américain par Google, du rachat de Skype…).

Google Print ? Le moins qu’on puisse dire c’est que sur le plan business ça sent l’amateurisme. Je veux bien que Google n’ait pas prévu les réticences psychologiques « européennes », mais la non prise en compte des aspects juridiques du projet est sidérante.

Take a quick look at Google’s existing portfolio. If you except search engine related business, you only have « second choice » activities (second choice is not an evaluation of service technology or of innovation quality, I actually think that most Google innovations are great technically. Second choice means that either the service potential is limited (like Google answers) or that Google is not – and is not likely to become -the leader in the field. Take the Blogger blogging tool for instance (this is probably Loic’s team fault, of course) or the Froogle « smart shopper ».

Then you have all the « fuzzy » business nobody yet knows the exact potential of (Google Maps, Google Print).

The only thing you can say is that the business plan seems to be extremely complex – maybe unachievable – in both cases. Google Maps needs a lot of dealing with telecommunication operators – and may be needs Google to become an operator (see rumors about Google becoming a WI-FI operator or Google buying Skype).

And then you have Google Print… The least you can say so far is that it is amateur work. OK, you may forgive Google for not anticipating the « european » (actually, french) reserves about the concept but the legal improvisation , that led them to interrupt the project, looks really incredible.

Ce qui se passe à mon avis chez Google. Deux petits gars géniaux ont créé un business planétaire autour d’une découverte technique. Depuis, leur société est valorisée en fonction de leur capacité supposée à créer d’autres business planétaires.or rien de ce qu’ils ont tenté depuis n’est réellement du même niveau. Ils pêchent dans l’exécution et par manque d’organisation.

Quel contraste avec Amazon, par exemple, qui poursuit UNE SEULE idée,finalement assez simple, depuis le début et qui engrange autour de sa qualité d’exécution.

Il y a un côté « fuite en avant » et « nouvelle économie » dans l’aventure Google. Rappelez-vous Vivendi (évidemment, Google fera bien mieux parce que la qualité des dirigeants est supérieure et aussi parce que les investisseurs américains réagiront beaucoup plus tôt). Mais on peut d’ores et déjà prévoir quelques rachats spectaculaires, suivis de résultats décevants, d’un départ des dirigeants et ensuite, d’un recentrage.

(Bon, vous ne me direz pas que je ne mouille pas, après ça !).

Comme disait Churchill à props d’El Alamein, « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin, mais c’est, peut être, la fin du début. »

Now, this is what happens, I think at Google. Two inexperienced geniuses have created a global business from one technological innovation. Since them, the valuation of their company is based on the expectation that they can grow some more global business from there. Well, nothing has shown to be at the same level. There are execution and organizations problems.

(See the difference with Amazon, for instance, that has bee just methodically pursuing one reasonably simple idea from the beginning).

There is a real « new economy bubble » flavor in the Google odyssey today. Remember Vivendi (of course, Google will do much better than Vivendi because technology and management quality just do not compare and also because US stock holders will most likely react quicker than french stockholders). But you can already expect some spectacular acquisitions, followed by disappointing results, management change and then re-focusing the activity…

(Who will say I’m not taking risks in my previsions now ?)

As Churchill put it after El-Alamein, « This is not the end. It is not even the beginning of the end. but it is, perhaps, the end of the beginning »

Ajout 24 août : Google vient, comme prévu, de sortir une solution VOIP. Je suis peu impressionné… Ca me semble bien en dessous de Skype. C’est la première fois, d’ailleurs, que je ne suis pas impressionné par une innovation Google.

Addendum aug, 24, 2005 : Google has actually just become a VOIP operator today. I am unimpressed so far by the new service (it is WAY under Skype). It is the actually the first time in Google’s history I’m unimpressed by the « innovation » itself.
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Commentaires»

1. OlivierMartineau - 25 août 2005

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2. A mon avis... - 25 août 2005

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Comme tout le monde j’ai appris le lancement de Google Talk hier matin. J’ai testé Google Talk hier soir et ce matin… mon lecteur RSS était remplit de posts sur le sujet. La blogosphère va tellement vite !!! Donc, moi, pour ne pas faire comme…

3. Cédric Manara - 25 août 2005

La réponse à ton questionnement est peut-être ici : http://www.internetactu.net/?p=6...
Google développerait plein d’outils pas pour développer un nouveau business, mais pour entretenir le succès de son moteur.

4. Thierry Klein - 26 août 2005

Merci d’avoir signalé cet article. Le problème c’est quand même que Google (et Yahoo) sont valorisés sur les nouveaux business et pas juste sur le business lié au moteur lui-même.

5. Le journal de M1ke - 18 novembre 2005

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