jump to navigation

La signification de la pause de Google Print 15 août 2005

Par Thierry Klein dans : Google.
Lu 4 532 fois | trackback

Google interrompt jusqu’en novembre son projet de bibliothèque virtuelle, pour laisser le temps aux auteurs de lui signifier leur opposition éventuelle à la copie des oeuvres.

Or, en droit américain comme en droit français, l’approbation explicite de l’auteur est absolument nécessaire pour que Google Print soit dans une position légale. Ce que sait évidemment Google. En poursuivant son programme, Google violerait en novembre les droits de tous les auteurs qui n’ont pas expressément approuvés la numérisation.

Donc, soit les raisons affichées par Google sont du “total bullshit” et Google rencontre des problèmes autres (techniques, business model….), soit l’intention de Google est de négocier avec la plupart des détenteurs de droits US (principalement des éditeurs) pour ensuite “passer en force” et numériser l’ensemble (quitte à enlever ensuite, sur demande de l’auteur, le contenu litigieux).

Il est intéressant aussi de constater que la numérisation de la plupart des ouvrages des bibliothèques ne nécessiterait aucune autorisation, car ces ouvrages sont dans le domaine public dès lors qu’ils ont quelques dizaines d’années. Google pourrait donc entamer sans aucun problème la numérisation de tous ces ouvrages dits “de longue queue”. Mais quoi qu’on en dise, même si on reconnaît l’intérêt économique du business de “la longue queue” en complément du business traditionnel, il semble absolument inintéressant (pour Google en tous cas) de ne cibler que ce business…

Je mentionne ça parce que les estimations faites sur le paradis que représenterait “la longue queue” que j’ai lues ont en commun le fait qu’elles ne sont pas quantifiées. Quoi qu’on en dise, j’avoue que je doute fortement du fait que la longue queue puisse représenter plus de 50% du business sur Amazon ou ITunes, par exemple (et j’aimerais bien savoir d’où vient l’estimation faite dans l’article de Wired ci-dessus, qui affirme le contraire).

En revanche, je pense que la profondeur de choix influe sur la vente de tous les articles, y compris les “best sellers”. Autrement dit, le grand intérêt de “la longue queue”, c’est qu’elle augmente la taille de tout le business, y compris de celui qui ne fait pas partie de la longue queue (J’achète chez Amazon parce que je sais que je vais à coup sûr y trouver ce que je cherche).

Ca me rappelle le coup des “Safeway” aux USA. Ce sont des grands magasins ouverts 24h / 24. Ils vendent très peu la nuit (parfois ils ne sont même pas rentables du tout), mais ils ont remarqué que s’ils ferment la nuit, ils font moins de business le jour

Billets associés :

Commentaires»

1. luc - 19 août 2005

A titre indicatif, La maison Fayar réalisait il y a 5 ans 40% de son chiffre d’affaire sur ce que l’on appelle en francais un fonds, c’est à dire des oeuvres publiées il y a plus de deux ans.
De plus, il est plus facile de commander un livre retirer des étagères par les libraires sur amazon que de le redemander à son libraire. Wired n’aurait pas tort si le comportement majoritaire des acheteurs sur amazon était de cet ordre. ce dont on peut en effet douter.
Enfin, google ne s’interresse pas exclusivement aux livres de fonds puisque que dores et déjà il propose des livres dont les droits ne sont pas libres en ligne. Il suspend la numérisation de ces memes livres le temps de trouver un accord avec les éditeurs. S’il ne le trouve pas, les livres seront mis en ligne et retiré à la demande express des éditeurs. devant la masse de proposition on imagine que les éditeurs auront quelques difficultés à s’éxécuter.
Google fait preuve de la même stratégie qu’un microsoft, qui impose un logiciel sur tous les ordinateurs utilisant windows : google impose son fonctionnement aux éditeurs, qui devront se soummettre ou se démettre, en attendant une bataille juridique qui risque d’etre longue.
Le projet de Jeannenay est ici très loin des préocupations de Google.

2. Thierry - 19 août 2005

Je trouve que tout ceci est très vrai, sauf que Google ne pourra pas passer en force car la bataille juridique serait probablement assez courte et les résultats désastreux. Vu le cadre législatif qui régit le droit d’auteur, Google est "présumé fautif", ce qui n’était pas le cas de Microsoft.

3. Le blog de Thierry Klein - 3 octobre 2005

François déclare la guerre aux supermarchés en ligne

François remarque sur son blog que les supermarchés en ligne (Auchan Direct, Houra) ont une “toute petite queue” (c’est lui qui le dit). Oui, effectivement, parmi tous les délires qu’on nous sert sur la longue queue, il serait bon de rajouter qu’une…