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Paris, Gare du Nord, 18:15. Départ du train pour Lille. 24 juin 2005

Par Thierry Klein dans : SNCF.
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Vu à la gare du Nord ce vendredi, par 35° à l’ombre. Les guichets automatiques tombent successivement en panne, soit à cause de la chaleur, soit à cause de défauts d’entretien et les queues s’allongent (plus de 20 personnes par guichet actif en moyenne). Des dizaines de voyageurs ne peuvent prendre leur ticket. A l’entrée du quai, les cerbères SNCF veillent et défendent à quiconque de monter dans le TGV de Lille sans ticket.

Une jeune femme enceinte de 6 mois environ, qui essaie depuis 45 mn d’acheter un ticket essaie d’expliquer aux cerbères qu’elle doit prendre ce train, que son mari l’attend à l’arrivée, qu’elle a une carte bleue pour payer éventuellement dans le train, qu’il fait chaud…Elle demande aussi à avoir accès au guichet situé sur le quai défendu, qui lui, semble toujours fonctionner. Peine perdue. Et comme elle insiste et qu’elle prend de la place, elle est écartée de force et en pleurs par les cerbères. Quatre d’entre eux la traînent sur le côté et la maintiendront solidement (restons sobre) par l’épaule, jusqu’au départ du train !

Quelques perles entendues que je vous livre telles quelles:

“Mais Madame, vous ne pouvez pas accéder à ce guichet automatique parce qu’il est interdit d’entrer sur ce quai sans ticket !” (autrement dit, il est défendu d’accéder à un des seuls guichets qui, semble-t-il, fonctionne parce qu’il est situé dans une zone réservée aux passagers munis d’un ticket !).

“Vous mentez. Les guichets fonctionnent. Vous n’avez pas pu prendre de billet parce que le train est plein, c’est tout.”

“Qu’est-ce qui me prouve que vous êtes enceinte, d’abord ?” (un cerbère male)

“De toutes façons, quand on est enceinte, on ne prend pas le train !” (une cerbère femme, qui elle a sans doute saisi que oui, décidément, cette femme est bien enceinte ! )

“Putain, j’ai été griffé, regarde mon ongle (sic !). On va aller voir les flics et vous aller passer la nuit au poste”.

(les passagers protestent, des 2 côtés de la barrière, mais après tout, ils ont aussi un train à prendre et il n’y a pas mort de femme, ni de foetus et tous les cerbères les pressent de vaquer puisque “ce n’est pas votre affaire, cela regarde la SNCF”).

Le train part à 18:30, comme prévu. A côté de moi, plein de places vides…

Voir aussi : Tous fraudeurs avec la SNCF

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Commentaires

1. nath - 1 février 2006

Nous sommes 2 à silloner votre blog depuis 20 min…et on se dit que l’on se marre bien à parcourir ainsi votre prose.
Quand on pense qu’on est arrivé là par Linkedin, on sourit.
Au plaisir de vous relire.

2. Thierry - 2 février 2006

Mes premiers lecteurs satisfaits… ça fait vraiment plaisir !
Encore un million de commentaires de ce genre et je passe au papier…

3. Max - 21 mars 2006

Un récit à peine croyable… et très bien rédigé… !

4. Max - 21 mars 2006

Un récit à peine croyable… et très bien rédigé… !

5. Metromot - 22 mars 2006

La « logique SNCF » ou comment escroquer ses clients.

Dès le train en marche, je vais à la rencontre du contrôleur pour régulariser ma situation, et lui explique que je n?ai pas eu le temps de retirer mes billets. Il me répond qu?il sera obligé, lors de son passage, de me vendre un billet au…

6. Thierry Klein - 18 juillet 2006

Désolé mais trop de spam.. Je dois momentanément fermer les commentaires…

7. Thierry Klein - 15 février 2008

On me demande de rouvrir les commentaires sur ce billet… Comme le spam s’est généralisé de toutes les façons… Allez, je tente !