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Europe : Pourquoi il faut écouter Blair 20 juin 2005

Par Thierry Klein dans : Politique.
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J’ai parlé il y a quelques semaines des initiatives de Tony Blair vis à vis de l’Open Source. J’espère avoir montré pourquoi ces initiatives vont être largement créatrices d’emploi - à forte valeur ajoutée, comme on dit - en Grande-Bretagne, selon le principe de Wonder-Klein: “L’open Source profite au pays qui s’en sert“.

En France, ce genre de discours est totalement incompris des politiques.

Tony Blair en a remis une couche ce week-end à Bruxelles en se demandant pourquoi 40% du budget européen allait vers 2% des emplois et en préconisant un déplacement de ce budget vers les technologies.

Je fais évidemment la part du politique et de l’opportunisme dans l’argument de Tony Blair, mais il reste un des seuls dirigeants européens qui ait compris le problème et qui a montré une capacité à le résoudre de façon non idéologique (c’est à dire que ni les défenseurs de l’europe sociale ni les défenseurs de l’europe libérale ne sont d’accord avec lui: c’est très bon signe).

Il est évident que l’état doit se désinvestir d’un certain nombre de monopoles nationalisés qui, s’ils ont eu un intérêt stratégique dans le passé, sont devenus inefficaces, opaques et ne servent plus aujourd’hui qu’à justifier les privilèges des Besancenots et consors (outre la Poste, il y a aussi la SNCF, France-Telecom).

Il est évident aussi que dans un pays tel que la France, l’état, se désengageant laisserait un désert derrière lui car le Patronat , historiquement, s’est montré incapable de développer les industries stratégiques pour l’avenir, qui nécessitent un investissement important. (Qu’il en soit incapable par mentalité ou parce que l’état en France n’a jamais été libéral est un autre sujet, idéologique par nature, qui n’a pas d’intérêt).

L’Etat, se désengageant des monopoles inefficaces, doit donc identifier les secteurs stratégiques de demain et y investir. En gros, le rôle du politique en France, c’est de savoir créer les monopoles de demain. C’est ce qu’a sû faire de Gaulle avec Airbus, le nucléaire, Ariane. La France en vit encore (voir aussi Jean-Michel Billaut, Zidane, Google et la numérisation galopante sur ce sujet).

Il est de toutes façons politiquement impossible de ne faire que se désengager sans donner une espérance, sans avoir une vision optimiste du futur. Je pense que s’il y avait 3 ou 4 secteurs stratégiques où la France - avec d’autres pays européens - investissait massivement pour préparer le futur, les français accepteraient beaucoup mieux de rendre la SNCF plus efficace, puisque cela aurait un sens.

Tony Blair en a donné un, l’Open Source, et j’ai déjà écrit pourquoi j’étais d’accord. Il me semble que l’Europe devrait aussi créer une industrie “informatique bureautique”, se spécialisant sur les systèmes d’exploitation et la bureautique (secteur d’ailleurs lié avec l’Open Source). Qui ne voit aujourd’hui que Microsoft est dans la position de Boeing il y a 30 ans, leader monopolistique, profitant intelligemment de sa position mais sans protection technologique réelle (je juge qu’il est infiniment plus facile, techniquement, de concurrencer Microsoft que Boeing).

La principale question que devrait se poser Bruxelles : “comment définir un cadre européen où les états peuvent en commun créer des secteurs d’industrie stratégiques forts” (au lieu de “comment interdir aux Etats de subventionner leur industrie”)… Je pense que Blair a compris ça.

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